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Turquie : Ce qu'il faut savoir sur les législatives anticipées

Les électeurs turcs se rendent aux urnes ce dimanche pour des élections législatives anticipées. Lors du dernier scrutin, le 7 juin, le Parti de la

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Turquie : Ce qu'il faut savoir sur les législatives anticipées

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Les électeurs turcs se rendent aux urnes ce dimanche pour des élections législatives anticipées. Lors du dernier scrutin, le 7 juin, le Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur) a perdu la majorité absolue qu’il détenait dans la Grande Assemblée nationale de Turquie depuis 2002. En l’absence de coalition de gouvernement, le président Recep Tayyip Erdogan a décidé en août de rappeler les électeurs aux urnes. La date : ce dimanche 1er novembre.

Les enjeux du scrutin

La réforme de la constitution
Recep Tayyip Erdogan souhaite depuis longtemps un renforcement des pouvoirs du président. Pour ce faire, son parti AKP doit disposer d’au moins 330 sièges sur les 550 au Parlement, afin de procéder à une réforme de la constitution. Les résultats des dernières législatives en juin ont donc été un revers pour l’AKP et donc pour le chef de l’Etat. Erdogan espère cette fois, parvenir à son objectif.
Mais l’opposition critique ouvertement la visée présidentielle, mettant en garde contre un “dictature constitutionnelle”.

La question kurde
Le gouvernement menait depuis 2012 des pourparlers de paix avec les séparatistes kurdes. Ce processus de rapprochement a pris fin suite à un attentat à Suruç le 20 juillet dernier. Ce jour-là, 34 militants de la cause kurde sont tués dans une attaque-suicide. L’opération est attribuée par Ankara aux djihadistes du groupe Etat islamique. Les autorités turques décident alors de bombarder les positions de l’EI, mais aussi les sites du PKK, le parti des travailleurs du Kurdistan. En réponse, les combattants kurdes s’en prennent aux forces de l’ordre turques. Un processus de paix pourra-t-il reprendre ? Tout dépendra des résultats des législatives de dimanche.

La Syrie et les réfugiés
Ce scrutin est suivi de près en Turquie, évidemment, mais aussi à l‘étranger, notamment en Europe. La Turquie, voisine de la Syrie, est en première ligne dans la crise des réfugiés. Des centaines de milliers de Syriens ont fui leur pays et entrent en Turquie, dans l’espoir de rallier ensuite l’Europe. Les dirigeants européens souhaitent une meilleure coopération avec Ankara pour faire face aux flux migratoires.

La situation économique
Les législatives de juin dernier ont ouvert une période d’instabilité politique, ce dont se méfient les investisseurs. Le ralentissement économique, enregistré ces dernières années, s’est accentué. La monnaie turque a connu une chute record face au dollar et à l’euro.
La Turquie à sérieusement besoin d’un gouvernement qui sera en mesure d‘élaborer une feuille de route et de prendre des décisions économiques fortes après les élections du 1er novembre“, estime Arda Tunca, économiste indépendant (voir interview ici).

Les forces en présence

L’AKP
Le Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur) est au pouvoir depuis 2002. Lors du scrutin du 7 juin, il a perdu la majorité absolue qu’il détenait. En cause : les soupçons de corruption, les accusations de durcissement du pouvoir et le phénomène d’usure, après 13 ans de règne sans partage.
Le parti a été fondé en 2001 par Recep Tayyip Erdogan, devenu depuis Premier ministre puis président. Le parti est aujourd’hui dirigé par le chef du gouvernement sortant Ahmet Davutoğlu.

Le CHP
Le Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate) est la première force d’opposition. Il a obtenu 25% des voix et 131 élus lors des élections du 7 juin.
Cette formation a été fondée en 1923 par Mustafa Kemal, le fondateur de la République turque, sous la dénomination de Parti du peuple, rebaptisé en 1924 Parti républicain du peuple. Parti laïc, le CHP est membre de l’Internationale socialiste. Il est actuellement dirigé par Kemal Kiliçdaroglu.
> Le leader du CHP a accordé à euronews une interview le 6 octobre dernier. C’est à ré-écouter ici

Le MHP
Le Parti d’action nationaliste (MHP, nationaliste et populiste) est la troisième force politique du pays. Lors des législatives de juin dernier, il a obtenu 16% des voix, son meilleur score depuis 1999.
Fondée en 1969 par Alparslan Türkeş, cette formation d’extrême-droite est aujourd’hui dirigée par Devlet Bahçeli. Il prône l’unité de la Turquie et le rejet de toute forme d’autonomie. Il est ainsi clairement opposé à toute discussion de paix avec les séparatistes kurdes.

Le HDP
Le Parti démocratique des peuples (HDP, gauche, pro-Kurde) a crée la surprise lors des dernières législatives en recueillant 12% des suffrages. Il a ainsi fait son entrée au Parlement, occupant 80 sièges.
Ce parti est en fait une coalition de plusieurs formations. Il milite notamment pour les droits des minorités.
Deux hommes dirigent le HDP, Selahattin Demirtaş et Figen Yüksekdağ.
> Selahattin Demirtaş a accordé à euronews une interview le 9 octobre dernier. C’est à ré-écouter ici

Le système électoral turc

La Turquie est gouvernée par un régime parlementaire où le Premier ministre détient les pouvoirs réels. Le rôle du président est symbolique. Le Premier ministre est le chef du parti qui obtient la majorité au Parlement. L’assemblée est composée de 550 membres, élus pour 4 ans.
Le scrutin se fait sur un mode proportionnel complexe : le système turc exige en effet des partis politiques l’obtention d’au moins 10% des voix au niveau national pour entrer au parlement. Un parti politique peut gagner les élections dans certaines villes, mais s’il ne recueille pas 10% des voix au niveau national, ses votes sont distribués à d’autres partis gagnants. Le système, mis en place par les dirigeants militaires après le coup d’Etat militaire de 1980, favorise les grands partis en rendant plus difficile pour les plus petits l’accession au parlement.

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Pour rappel : La composition de l’actuel Parlement