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Six semaines de bombardements russes en Syrie : "un bilan discutable"


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Six semaines de bombardements russes en Syrie : "un bilan discutable"

Tous les jours, la Russie mène des frappes aériennes en Syrie. Elles ont officiellement commencé le 30 septembre. Notre envoyé spécial Denis Loctier a accompagné les forces russes à Lattaquié, il fait le point sur cette campagne de bombardement :

euronews a eu accès à la base aérienne de Hmeimim, près de Lattaquié, sur la côte méditerranéenne syrienne. Tous les avions militaires russes décollent d’ici, effectuant plus de 40 sorties par jour. Les responsables affirment qu’en six semaines, ces avions ont détruit plus de 2 500 cibles, ce qu’ils appellent des “infrastructures terroristes” sur le territoire syrien.

La base aérienne de Hmeimim abrite plusieurs douzaines d’avions de combat russes, des bombardiers et des chasseurs supersoniques, des drones de reconnaissance, des hélicoptères d’attaque et de défense anti-aérienne.
Le nombre exact d’appareils et de soldats reste top secret. La base reçoit tout, y compris les stoks de nourriture, de Russie.

Ces avions de guerre russe sont là pour apporter un soutien aérien aux offensives terrestres menées par l’armée syrienne et les milices chiites étrangères, notamment irakienne, iranienne et du Hezbollah libanais.

Les forces russes affirment coopérer aussi maintenant avec l’opposition syrienne qui leur fournit des renseignements.

Ces deux derniers jours, cela aurait permis de repousser des militants islamiques dans plusieurs provinces-clefs et de briser le blocus d’une base tenue par Etat islamique depuis près de deux ans, comme l’explique le commandant général Igor Konashenkov, porte-parole du ministère russe de la Défense :

L’aviation russe a frappé avec succès près d’Alep et de l’aéroport militaire de Kweires en utilisant les renseignements fournis par l’opposition syrienne qui ont été confirmés au centre de contrôle des opérations de Bagdad par nos partenaires d’Iran, d’Irak et de Syrie“.

De sources officielles russes, les frappes aériennes se concentrent sur les provinces d’Alep, Damas, Idlib, Lattaquié, Raqqa, Hama et Homs.

Les ONG humanitaires rapportent des dizaines voir des centaines de morts civils dans les zones présumées bombardées par l’aviation russe.

Les militaires rejettent ces allégations en disant qu’elles manquent de preuves et arguent qu’ils ne peuvent manquer leur cible :

Tous nos avions basés à Hmeimim et prenant part aux batailles sont équipés avec des systèmes de ciblage sophistiqués. Ce qui nous permet de frapper précisément les infrastructures terroristes depuis une altitude de plus de 5 000 mètres“ explique Igor Konashenkov.

Selon l’armée russe, les djihadistes seraient en train de changer de tactique en réaction à cette campagne de bombardement, en essayant de mieux dissimuler leurs mouvements, en modifiant constamment leurs itinéraires pour s’approvisionner en armes et en munitions, ce qui pourrait indiquer un affaiblissement.

Mais malgré plusieurs revers ces derniers jours, les militants islamistes conservent leur emprise sur de larges pans de territoire syrien, alors que les forces loyales à Assad se battent pour défendre et étendre leur zone de contrôle.

Le commandement russe affirme que ces frappes aériennes ciblées continueront aussi longtemps que nécessaire, mais sans changement évident et concret de la situation sur le terrain, l’efficacité de l’implication russe dans le conflit syrien reste discutable“ conlue Denis Loctier.

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