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Alexis Tsipras, un an de rodéo politique

La vidéo de cet article est un retour en images sur la première année de Syriza en pouvoir en Grèce. Elle est volontairement proposée sans

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Alexis Tsipras, un an de rodéo politique

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La vidéo de cet article est un retour en images sur la première année de Syriza en pouvoir en Grèce. Elle est volontairement proposée sans commentaire.

Il y a un an, Syriza renversait la scène politique grecque, s’affranchissant des traditionnels compromis entre les affaires intérieures et la diplomatie internationale. La “Coalition de la gauche radicale” (dont Syriza est l’acronyme) devenait ainsi le premier parti d’extrême-gauche à remporter une élection nationale en Grèce depuis la naissance de l‘État grec moderne, en 1833. Mais après un an au pouvoir, et de nombreuses concessions au programme de campagne anti-austérité de Syriza, la tendance est-elle en train de s’inverser ?

LE PARI DU REFERENDUM

C’est la première décision majeure du Premier ministre Alexis Tsipras, c’est aussi celle qui a fait sa réputation : l’organisation d’un référendum, le 5 juillet 2015, invitant les Grecs à faire le choix entre le plan de sauvetage des créanciers internationaux et celui proposé par son gouvernement. Le résultat du vote – un rejet massif du programme de la troïka – laisse ses opposants sur le banc de touche.

VIRAGE A 180 DEGRES

Mais quelques heures à peine après la diffusion des résultats, Alexis Tsipras, 39 ans, entame un virage à 180 degrés avec la mise à l‘écart de son ministre des Finances, l’intraitable Yannis Varoufakis, et son remplacement par le discret et modéré Euclide Tsakalotos.

Le rodéo politique de Tspiras ne s’arrête pas là. A Bruxelles une semaine plus tard, et après dix-sept heures de difficiles négociations, le Premier ministre grec sort de la rencontre avec les créanciers avec un accord qui sème le chaos à Athènes. Les partis d’opposition et l’aile gauche de Syriza dénoncent “le plan de sauvetage le plus cruel entre un gouvernement grec et les créanciers du pays depuis le début de la crise de la dette en 2010”.
Pourtant, à la grande stupéfaction des opposants à Tsipras, l’accord est salué avec soulagement par une majorité de Grecs, voyant disparaître le spectre d’un “Grexit” de la zone euro.

A NOUVEAU GAGNANT

Les élections anticipées du 20 septembre 2015 forment une nouvelle victoire éclatante pour Alexis Tsipras, bien que son parti ait complètement changé de visages. Les membres dissidents de Syriza, regroupés sous la bannière de l’“Unité populaire” échouent à entrer au Parlement. Tsipras surprend encore, en faisant alliance avec le parti de droite souverainiste des Grecs indépendants.
Aujourd’hui, le leader du principal parti d’opposition “Nouvelle Démocratie”, Kyriakos Mitsotakis, tente de profiter de ces arrangements entre la gauche et la droite pour prendre le contrôle du centre, en particulier sur les questions sociales.

L’OPPOSITION EN EMBUSCADE

Moins de deux semaines après son arrivée à la tête du mouvement, Mitsotakis, 47 ans, s’impose devant Tsipras dans les sondages. Et de récentes manifestations contre la politique du gouvernement ont été menées par des organisations qui formaient encore récemment le socle de l‘électorat Syriza. Les fonctionnaires, les ouvrires, les agriculteurs et les retraités semblent se détourner de la gauche radicale, au fur et à mesure de la mise en application des réformes prévues par le dernier plan de sauvetage.

Mais rien n’est joué, Alexis Tspiras a su montrer qu’il était passé maître dans l’art de renverser les tables. Il est probable que la deuxième année de Syriza au pouvoir soit encore plus captivante que la première.