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Hongrie : un festival pour les 90 ans de György Kurtág

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Hongrie : un festival pour les 90 ans de György Kurtág

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“Cher Monsieur Kurtág , nous tenons à vous remercier du fond du coeur et à vous féliciter pour avoir ajouté un étrange zéro à votre âge, pour arriver

“Cher Monsieur Kurtág , nous tenons à vous remercier du fond du coeur et à vous féliciter pour avoir ajouté un étrange zéro à votre âge, pour arriver à 90 ans”. Par ces mots, Sir Simon Rattle, directeur artistique de la Philharmonique de Berlin, est l’un des nombreux artistes et anonymes à saluer György Kurtág pour son anniversaire. Et pour marquer l‘événement, la ville de Budapest a organisé un festival musical pendant toute une semaine. La capitale hongroise rend hommage à l’un de ses plus illustres compositeurs, qui écrit actuellement son premier opéra. “J’ai mes feuilles, et je me mets au piano, toujours”, explique György Kurtág. “Je dois être en contact avec le piano, même si je ne joue pas. Cela me rassure”. Les répétitions du prologue de sa nouvelle oeuvre ont marqué le concert donné lors de la soirée d’anniversaire en l’honneur du musicien, qui a dirigé pour l’occasion la cantatrice britannique Hilary Summers. “C’est vraiment écrit de manière très vocale, ce n’est pas difficile, cela ne fait pas forcer la voix”, note la contralto galloise. “On apprend, on travaille avec le pianiste, et on trouve cela formidable, et puis vous revenez vers le maestro Kurtag, mais les notes qui figurent sur la page représentent à peine 10 % de ce qu’il attend de la musique. Donc vous pensez que vous jouez bien, et en fait, il va vous dire que cela ne va pas. On doit travailler de la manière dont il l’entend”.
“Fin de Partie”, ou “Endgame”, de Samuel Beckett, est une pièce en un seul acte, proche de l’absurde, sur le déclin de l‘être avant la mort. Jouée pour la première fois à Londres en 1957, elle met en scène quatre personnages sur un jeu d‘échec. Un roi désarmé, deux pions insignifiants et un fou inutile. “Cette pièce absurde tourne en rond”, indique György Kurtág. “Le début, c’est la fin, et la fin de la pièce n’en est pas une, pendant qu’on passe toute notre vie à réfléchir au sens de l’existence”.
Tous les concerts de ce Festival “Kurtag 90” se tiennent à guichets fermés. Sir Nicholas Kenyon, directeur artistique du Centre Barbican, de Londres, a attendu György Kurtág en coulisses, à la Liszt Academy. “Pour les musiciens, pour le public, pour la musique contemporaine, personne n’a jamais atteint une telle réputation de son vivant”, conclut-il.