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Le Kazakhstan tente de diversifier son économie


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Le Kazakhstan tente de diversifier son économie

Le Kazakhstan doit faire face à la chute des prix du pétrole qui a une conséquence sur son économie. La monnaie locale a été dévaluée deux fois depuis deux ans, et l’inflation a atteint le pic de plus de 15 % en février. Tout l‘économie kazakhe dépend de la production et de la vente du pétrole et du gaz, qui représentent 60% de ses exportations. Le gouvernement tente de diversifier l‘économie : notamment en encourageant les petites et moyennes entreprises.

Amina appartient à la classe moyenne. Elle a créé son entreprise, pour livrer des bouquets de fleurs. Il y a toujours de la demande, dit-elle. Mais les difficultés s’accumulent : il faut rembourser le prêt pour payer son appartement. Les banques refusent donc qu’elle s’endette à nouveau, pour développer son activité.

Amina Serzheva: “Disons que sans nouveau prêt, je ne peux pas ouvrir ma boutique. Je ne comprends pas : je dois déjà payer d’autres charges, et donc je ne peux pas me développer, je ne peux pas faire grandir mon commerce.”

Igor, lui, dirige une petite entreprise de textile, avec 6 employés dans son atelier qui fabriquent des sous-vêtements. Igor ne compte pas sur les banques et leurs crédits, il compte sur l’accord entre la Russie, le Kazakhstan et la Biélorussie, pour conquérir de nouveaux marchés.

Igor Iliynskiy: “En ce moment la situation a changé. Il y a un vrai soutien de notre conseil municipal, et du gouvernement, pour obtenir l’accès à un nouveau marché.”

La plupart des entreprises ont besoin de crédits. Le problème n’est pas le manque de demande : il réside dans les difficultés, pour obtenir un prêt, dans un système bancaire national.

Dosym Satpayev, directeur du Kazakhstan Risk Assesment Group: “Pendant longtemps, on ne pouvait pas fournir de prêts à une entreprise au Kazakhstan, et soutenir les entreprises avec le système bancaire. Pourquoi ? Parce que le gouvernement voulait fournir de l’argent, mais il n’avait pas la bonne méthode. Il y avait des banques, mais elles étaient séparées de l‘économie réelle. Les banques préfèrent encore faire de l’argent rapidement et facilement. Elles ne veulent pas attendre cinq ou dix ans pour obtenir un remboursement.”

La corruption des fonctionnaires est un autre problème pour l‘économie du Kazakhstan. Le gouvernement en a conscience, et prend des mesures, par exemple contre certains inspecteurs des impôts.

Les dirigeants du pays réalisent bien que la corruption est préjudiciable à l‘économie, en faisant peur aux investisseurs. Beaucoup de mesures ont déjà été prises, à tel point que l’ONG Transparency International, qui lutte contre la corruption des gouvernements, a confirmé une diminution notable du phénomène dans le pays.

Daniyar Ashimbayev, analyste politique: “Malgré les nombreuses campagnes contre la corruption, certaines pratiques existent toujours. Le secteur semi-public s’est agrandi. Et de nombreuses entreprises publiques fonctionnent. Malgré plusieurs privatisations, le poids de ces entreprises publiques reste énorme.”

Le gouvernement tente de faire changer les habitudes : certains législations ont été assouplies, des barrières administratives ont été levées pour diversifier l‘économie.

Daniyar Ashimbayev:“On a créé un programme unique, et le gouvernement a confié au ministère de l’Industrie et des nouvelles technologies sa gestion. Le ministre est même un vice-Premier ministre.”

Dans les zones rurales, moins développées que les zones urbaines, l’agriculture et l‘éco-tourisme se développent.

Yerdos vit à Almaty. Depuis quatre ans, il loue 85 hectares de terres, dans les grandes steppes d’Asie centrale. Il cultive du blé, et des légumes biologiques, qu’il revend dans la grande ville d’Almaty. Pendant l‘été il accueille aussi des touristes dans ses yourtes. Il se dit optimiste quant à l’avenir de son secteur, tout en affirmant n’avoir jamais rencontré de fonctionnaires corrompus.

Yerdos Sadu:“A mon niveau, je n’ai pas eu ce problème. Je suis un paysan ordinaire, comme beaucoup d’autres ici. Donc, je ne vois pas quelqu’un venir et me réclamer quelque chose. J’ai choisi une approche alternative, et j’essaye d’entretenir ma réputation avec le soutien du ministère de l’agriculture. Ils pensent que nous avons pris la bonne direction et essayent de nous soutenir. Donc, je ne peux pas dire que je souffre de la corruption. “

Selon les Nations-Unies, la pauvreté se réduit plus rapidement au Kazakhstan que dans les autres pays post-soviétiques, en particulier grâce aux revenus de la manne pétrolière. Mais il est temps pour le Kazakhstan de relever le défi de sa diversification économique, en renforçant la responsabilité de l‘État vis-à- vis de ses propres citoyens .

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