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Evaluation du terroriste potentiel : un fossé entre la Turquie et l'Europe

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Combien, parmi ces hommes d’Etat Islamique, en Syrie, ou en Irak, sont-ils formés et entraînés à venir frapper l’Europe ? La question se pose avec plus d’insistance à chaque nouvel attentat.

Selon des spécialistes et officiels du renseignement européen et irakien, ils seraient au moins 400.
Parmi eux, il y avait Ibrahim El Bakraoui, l’un des kamikazes de l’aéroport de Bruxelles. Suspecté de jihadisme, arrêté en juin 2015 en Turquie, celle-ci l’aurait expulsé vers l’Europe.

Nous avons signalé l’expulsion à l’ambassade de Bruxelles le 14 juillet 2015, avec un avis d’expulsion“, déclarait le président turc Recep Tayyip Erdogan lors d’une conférence de presse mercredi 23 mars.

Une notice qui d’après le président turc, spécifiait que cet homme pouvait être un terroriste. Une notice comme la Turquie en émettrait souvent depuis 2011 d’après cet analyste turc, le professeur de l’université Kadir Has, Serhat Güvenç (700 rien que les six premiers mois de 2015) :

Le nombre officiel de gens suspectés de terrorisme par les centres d’analyse de risque est de 5 000. Environ 1 800 à 2 000 ont été expulsés vers leur pays. Mais ça n’a pas changé la donne. Cela nous montre que malgré les mécanismes de communication qui fonctionnent plus ou moins bien, les actions terroristes continuent. Cela nous montre aussi que les informations n’ont pas été bien évaluées.

Selon la Turquie, les autorités belges ont enquêté sur les liens supposés de Bakraoui avec Etat islamique et n’ont rien trouvé. Bakraoui a alors voulu partir pour les Pays-Bas. Ankara a donc envoyé un avis d’expulsion à Amsterdam qui confirme l’avoir bien reçu, mais affirment que la Turquie n’a pas respecté les procédures et n’a pas expliqué les raisons de l’expulsion.

Alors où sont les failles ? Une chose est sûre, on sait depuis longtemps que des Européens sont là-bas, dans les rangs de Daesh. On le sait notamment par leur vidéo de propagande et on connaît leur motivation.
L’analyste turc que nous avons rencontré nous livre une explication :

Il y a un fossé important entre la définition turque du terrorisme et la définition européenne du terrorisme. Lorsque la Turquie expulse des gens vers l’Europe en mentionnant que ce sont des terroristes potentiels, il faut admettre que l’Europe les considère autrement. On en déduit qu’ils ne parlent pas la même langue, qu’ils n’ont pas de terrain d’entente à ce niveau-là. Bien que la Turquie transmette ses informations et étiquette des suspects comme terroristes potentiels, dans ces pays européens, on ne reconnaît pas les critères de la Turquie. Ces expulsés ne sont même pas considérés comme des suspects. Cela reflète la différence des cultures sécuritaires entre les pays, c’est un fait qu’il ne faut pas négliger.

La découverte récente de documents ayant appartenu à Daesh avec les noms et détails de milliers de combattants aideront peut-être les services de renseignements à identifier ces jihadistes qui rentrent en Europe pour y organiser des cellules terroristes.

Reste que les évènements de ces derniers mois ont mis en lumière les difficultés de l’Union européenne à faire face à cette menace sur son sol.

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