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Dilma Rousseff, "la Jeanne d'Arc de la guérilla"


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Dilma Rousseff, "la Jeanne d'Arc de la guérilla"

Première femme élue présidente du Brésil, Dilma Rousseff se voit remettre l‘écharpe présidentielle le 1er janvier 2011 par son prédécesseur et mentor Lula da Silva. Elle est alors peu connue des Brésiliens, car, jusqu’ici, elle n’avait jamais brigué aucun poste électif.

Fille d’une Brésilienne et d’un avocat et homme d’affaires bulgare ayant migré au Brésil, Dilma Vana Rousseff Linhares est entrée en politique pendant la dictature militaire.

Membre d’une organisation d’extrême gauche, elle est arrêtée en 1970, torturée pendant une vingtaine de jours et finalement emprisonnée pendant 3 ans.

A l‘époque de sa détention, elle est surnommée “la Jeanne d’Arc de la guérilla” en raison de son engagement dans le mouvement de résistance, le commando de libération nationale, qui deviendra plus tard le VAR Palmares.

A sa sortie de prison, elle devient économiste, puis fonctionnaire. Elle participe ensuite à la restructuration du Parti démocratique travailliste, devient secrétaire d’Etat à l’Energie.

Elle n’adhère au Parti des Travailleurs de Lula qu’en 2001.

Technocrate prestigieuse, mais réputée antipathique, Dilma devient alors la protégée de Lula, qui la nomme ministre des Mines et de l’Energie de son premier gouvernement en 2003, puis ministre d’Etat et chef de cabinet de la présidence.

Elle exerce avec rigueur, on la surnomme la “Dame de Fer”, et se positionne comme successeure de Lula qui ne peut pas se représenter.

Le premier mandat de Dilma est marqué par le déclin économique du Brésil, pourtant devenu la coqueluche des marchés durant les années Lula.

La croissance fléchit et, en juin 2013, la présidente est surprise par l’explosion de colère de la rue. Des millions de Brésiliens protestent contre des services publics déficients un an, seulement, avant la célébration du Mondial de football au Brésil.

En 2014, elle est réélue de justesse, face au social-démocrate Neves, grâce à l’aide de Lula. Mais le Brésil est entré en ébullition et l’opposition gagne du terrain.

Dès le départ, son second mandat est estropié : le méga-scandale de corruption du groupe pétrolier Petrobras, qui touche tous les partis, mine sa base politique.

Dans la société, la fracture s’installe. Plus de la moitié des Brésiliens réclament le départ de Dilma, qui, elle, crie au “coup d’Etat institutionnel” face aux manoeuvres de son vice-président depuis 2011, Michel Temer.

A 75 ans, le leader du parti du mouvement démocratique brésilien, le PMDB, veut à présent prendre sa place. Son parti, ancien allié du PT, a déjà quitté la coalition gouvernementale le 29 mars dernier.


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