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Les arts aborigènes au musée océanographique de Monaco

Au bord de la Méditerranée, c’est toute l’Océanie qui a trouvé refuge au musée océanographique de Monaco.
Bienvenue à l’exposition Taba Naba. Un hommage bien vivant à l’art contemporain aborigène et aux océans.

Taba Naba est un chant traditionnel pour enfants de la tribu du détroit de Torrès situé à l’extrême nord de l’Australie en face de la Papouasie-Nouvelle Guinée. Taba Naba est surtout un chant joyeux, un hymne célébrant les plaisirs de la pêche que les enfants entonnent devant leurs parents et leurs amis.

Pour Robert Calcagno, le directeur du musée océanographique de Monaco, une structure créée il y a plus de 100 ans, “nous avons formé ce projet pour présenter la culture des premiers habitants de l’Australie : les aborigènes et les îliens.”

Steohen Brady, l’ambassador d’Australie à Paris et à Monaco résume les enjeux : “c’est la plus grande exposition d’œuvres indigènes australiennes jamais organisée en Europe”.

“Il n’a pas été facile d’organiser cette exposition car il s’agit d’un projet d’envergure”, souligne pour sa part Kevin Sumpton, le directeur du musée maritime national australien. Les oeuvres présentées ont été “difficiles à réaliser, coûteuses à créer et à transporter depuis l’Australie jusqu’à Monaco” précise encore le directeur.

L’exposition se décline en trois parties.
Le premier volet est consacré à l’Australie et à la défense des océans au coeur de l’art des Aborigènes et des insulaires du détroit de Torrès.
Vous ne pourrez pas rater les six installations monumentales qui accueillent les visiteurs. Elles ont été créées par une cinquantaine d’artistes locaux qui en profitent pour lancer un cri d’alarme face à la pollution des océans.

Brian Robinson est l’un de ces artistes.
Ses trois crabes des mangroves en aluminium accrochés à la façade du musée de Monaco sont une invitation à la réflexion.

La représentation des crabes des mangroves, connus sous le nom de Ghitalal dans le langage des artistes indigènes, explore les traditions, les symboles et la mythologie des peuples autochtones. Le Ghitalal, que l’on trouve sur la côte dont est originaire Brian Robinson a toujours constitué une base essentielle de l’alimentation des îliens. Leur préservation est essentielle.

“J’ai passé toute mon enfance à chasser ces animaux”, confie Brian Robinson. “Dans le détroit de Torrès, nous avions un canot en aluminium, et il nous fallait environ une heure pour atteindre les autres îles et leurs mangroves. On s’enfonçait dans la boue, parfois jusqu’aux genoux, et on rampait dans la vase à la recherche de ces animaux.”

Ken Thaiday, lui, est un artiste renomé pour ses oeuvres qui entremêlent les symboles de son île natale d’Erub. Avec Jason Christopher un artiste de Sydney, ils ont représenté les coiffes cérémonielles utilisées par les indigènes pour leurs danses rituelles. Des coiffes qui rappellent les pièges ancestraux destinés à capturer les poissons.

Ces créations, appelées Dhari, apparaisent d’ailleurs sur le drapeau des îles du détroit de Torrès.
Si les arts indigènes de cette région demeurent encore largement méconnus, leur grande richesse révèlent les liens étroits que les habitants entretiennent avec l’eur environnement.

“Ces coiffes représentent mon peuple du détroit de Torrès – tout mon peuple”, précise Ken Thaiday. “Cette sculpture me représente et représente toute notre vie – en particulier les mangroves, les poissons, les pièges à poissons, le harponnage du poisson dans les pièges. Ce Dhari représente tout ça. C’est nous – les peuples indigènes et îliens du détroit de Torrès. Nous nous défendons. Nous agissons. Nous restons forts”.

Le second volet de l’exposition, intitulé “Eaux vivantes”,présente une sélection de peintures contemporaines
issues de la collection Sordello & Missana. Des artistes australiens ont également été invités à partager leur relation avec l’univers aquatique.
La dernière partie de l’exposition est dédiée aux îles de l’Océanie et à ces îliens passés maîtres dans l’art de la navigation.

L’exposition est ouverte jusqu’au 30 septembre au musée océanographique de Monaco.

Taba Naba : les paroles

“Taba naba / naba norem
Tugi penai siri / dinghy e naba we
Miko keimi / sere re naba we
Taba naba / norem”

“Viens / Allons au récif
Pendant que la marée est basse /
Mettons nous en route, dans le petit bateau /
Ramons / Jusqu’au bout du récif
Viens / Allons au récif”

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