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L'ONU dénonce la création d'apatrides : une génération d'enfants syriens sacrifiée


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L'ONU dénonce la création d'apatrides : une génération d'enfants syriens sacrifiée

Cinquante mille enfants Syriens apatrides… Ils sont nés au Liban et n’ont aucune existence légale.
Le Liban, avec ses 4 millions d’habitants, est le pays qui accueille le plus de réfugiés par habitant au monde. Un effort plus que louable, mais Beyrouth n’a pas signé la Convention des Réfugiés de 1915 et n’autorise pas l’ONU à installer et à gérer officiellement des camps.
La plupart des enfants qui naissent ici ne sont donc pas enregistrés et identifiés. C’est le cas de Nour, née il y a 7 mois ici dans la vallée de la Bekaa.

“Un enfant qui n’est pas enregistré restera apatride ici au Liban et en Syrie. Si nous ne pouvons pas la faire enregistrer ici, c’est un problème. Si nous retournons en Syrie, si quelqu’un nous arrête en chemin et nous pose la question, on ne peut pas prouver que c’est notre fille. C’est un problème, elle n’est pas reconnue ni au Liban, ni en Syrie”, explique sa maman.

Si Nour est privée de papiers, sa famille est prise au piège de l’exil.

Voici ce que l’ONU conseille aux parents pour faire reconnaître leur enfant, c’est à faire obligatoirement dans la première année de vie :

-D’abord, il faut obtenir une attestation de naissance de la part d’une sage-femme, dans le meilleur des cas, d’un hôpital.

-Une fois ce papier obtenu, munis d’une carte d’identité et d’un certificat de mariage, les parents doivent acquérir, chez un notaire, un certificat de naissance. Prix : 20 dollars.

-Dernière étape et pas la plus simple, avec ce certificat de naissance, les parents doivent faire enregistrer l’enfant auprès de l’administration libanaise. Mais 68 % d’entre eux échouent à le faire.

Car pour les Syriens, rien n’est facile au Liban, ils n’ont pas le droit de travailler. Se rendre à Beyrouth pour renouveler leurs papiers à l’ambassade de Syrie leur fait peur, et les procédures sont kafkaïennes, comme l’explique cet autre parent de bébé sans papiers :


“On a un nouveau-né, ils nous ont dit qu’on devait mettre à jour nos papiers pour qu’ils puissent l’enregistrer. Ils n’enregistreront pas notre petit garçon tant qu’on n’aura pas renouvelé nos papiers. Ma femme et moi n’avons pas reçu d’argent depuis un an environ, et nous avons besoin d’au moins 400 $ chacun pour le permis de séjour. Au total, on a besoin de 1 000 $ pour faire enregistrer notre enfant.”

Un nouveau drame humain se dessine au Proche Orient : toute une génération de sans papiers, apatride, est en train de naître. Des enfants qui n’auront donc aucun droit à l‘éducation, à la santé, à un emploi digne. Et, sans papiers, ils encourent plus de risques de tomber entre les griffes des trafiquants d‘êtres humains.



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