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Le Luxembourg se lance à la conquête spatiale des minéraux

« Un grand pas pour le Luxembourg ! » Le Grand-Duché va-t-il marcher sur les traces de Neil Armstrong ? Il n’est pas question d’envoyer dans l’espace Jean-Claude Juncker, l’ancien Premier ministre du pays et actuel président de la Commission européenne, pour signer des accords avec des représentants de puissances extraterrestres. Mais de lever les yeux vers le ciel pour se lancer dans une « nouvelle ruée vers l’or ». Le gouvernement du Luxembourg, en partenariat avec Deep Space Industries (DSI), une start-up américaine, vient de présenter un programme de prospection spatiale des minéraux contenus dans les astéroïdes. L’objectif : pallier à la baisse des stocks présents sur terre et, bien sûr, réaliser de substantiels profits.


L’idée peut sembler saugrenue au premier abord et relever de la pure science-fiction. Mais, il n’en n’est rien. Par exemple, nos besoins en matière de produits technologiques, tels que les téléphones portables, les tablettes et bientôt l’explosion des casques de réalité virtuelle, demandent de grandes quantités de minéraux, comme les fameuses terres rares. Les ressources de ces dernières ne sont pas infinies, loin s’en faut. Les 17 éléments constituant ce groupe de métaux sont même considérés comme stratégiques par de nombreuses industries et nations. Depuis des décennies, des études démontrent qu’un autre « vivier » se trouve au-dessus de nos têtes. Les astéroïdes regorgeraient de nombreux métaux en grandes quantités. Mais jusqu’à lors, les moyens techniques et moyens financiers alloués ne permettaient pas de se lancer dans une telle aventure. Aujourd’hui, même s’il ne s’agit là que des prémices d’une nouvelle industrie, les initiatives se développent à l’image, donc, de celle lancée par le Luxembourg et son partenaire américain.

En février dernier, déjà, le Luxembourg avait présenté une série de mesures visant à réglementer l’exploitation minière dans l’espace. Avec cette initiative (spaceresources.lu), le pays a mis sur pied un cadre légal pour permettre la prospection et l’exploitation des ressources spatiales, tout en affichant sa volonté de devenir le leader européen en la matière.


Le partenariat signé entre le gouvernement luxembourgeois, la Société nationale de Crédit d’investissement, une institution bancaire publique, et Deep Space Industries s’inscrit donc dans cette démarche. Les trois acteurs viennent de présenter Prospector-X, le premier volet de leur collaboration. Ce programme vise à mettre au point, d’ici à cinq ans Comet-1, un petit satellite de moins de 10 kg, dont la mission sera d’aller identifier et d’évaluer le potentiel d’astéroïdes situés en orbite terrestre basse. Une fois les « cibles » identifiées, le microsatellite dressera leur cartographie. Le Comet-1 utilisera un système de propulsion fonctionnant à l’eau et sera équipé de deux caméras pour effectuer ses relevés. Concernant sa construction, le satellite sera assemblé dans le Grand-Duché.


Le microsatellite Comet-1

Cette mission inaugurale sera suivie d’autres programmes de plus grande envergure, jusqu’à l’exploitation effective des ressources spatiales. C’est ce que confie Rick Tumlinson, le président du conseil d’administration de DSI, en déclarant que sa compagnie est « fière d’avoir conclu cet accord et de bâtir un avenir commun » avec le Luxembourg. Pour Etienne Schneider, ministre luxembourgeois de L’Economie, la coopération avec DSI « montre clairement la ferme volonté du gouvernement de soutenir l’exploration et l’utilisation future de ressources spatiales ». Ce dernier a également indiqué que des collaborations avec d’autres entreprises étaient également à l’étude pour faire du domaine spatial l’un des piliers de la diversification de l’économie du pays.

L’exploitation des ressources minières dans l’espace a également fait l’objet d’une journée de conférence, organisée dans le cadre du Space Forum qui s’est tenue dans la capitale du pays les 10 et 11 mai. Preuve, à nouveau, de l’intérêt porté à la question. De nombreux acteurs de la filière étaient représentés dont DSI, mais aussi Planetary Resource, une autre start-up américaine, qui compte parmi ses actionnaires Larry Page et Eric Schmidt, deux figures tutélaires de Google, ainsi que le réalisateur James Cameron.

Les Etats-Unis avaient précédé le Luxembourg en novembre 2015 en promulguant le « Space act » qui légalise l’usage commercial des ressources présentes dans l’espace. Mais ce petit pays de l’Union européenne est bien parti pour devenir un grand « paradis spatial ».

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