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Bilan du sommet humanitaire mondial boycotté par MSF

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Bilan du sommet humanitaire mondial boycotté par MSF

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L’ONU le souhaitait il y a déjà 4 ans, et c’est fait : le premier sommet humanitaire mondial s’est tenu à Istanbul en Turquie pendant deux jours. Un forum qui a accueilli dirigeants et ONG du monde entier à quelques kilomètres des camps de réfugiés syriens… Bilan : les donateurs, dont plusieurs gouvernements, se sont engagés à réduire les formalités qu’ils exigent des organisations humanitaires, lesquelles ont promis de dégraisser leur bureaucratie.


“Un dollar investi aujourd’hui dans la défense des droits de l’homme permettra d‘épargner des dizaines de milliers de dollars par la suite, donc nous devons sortir de cette vision et de cette gestion à court terme de l’action humanitaire, pour faire sur le long terme, dès maintenant, avec compassion, afin que le monde soit, à terme, plus sûr”, explique Kate Gilmore, haut- commissaire aux droits de l’homme.

Conséquence de la complexification de la crise humanitaire, les fonds destinés alloués à cette cause sont 12 fois plus importants qu’il y a 15 ans. Mais le système ne marche pas encore assez bien. L’objectif de l’accord obtenu est d‘économiser environ 1 milliard de dollars de coût administratifs par an. La Croix-Rouge salue l’engagement de donner 25 % du financement humanitaire directement aux organismes locaux et nationaux d’ici 2020.


“Le financement est l’expression de quelque chose de beaucoup plus profond. Il n’est pas seulement question d’argent, mais de la reconnaissance de l’ampleur des défis auxquels nous faisons face. Nous voulons tous un meilleur écosystème humanitaire, nous voulons tous une grande efficacité, nous voulons tous moins de coûts de transactions et plus important, nous voulons tous des résultats et que cette aide ait un meilleur impact pour les gens dans le besoin”, explique Elhadj As Sy, secrétaire général de la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.

Le sort des enfants a été l’un des axes du sommet. Un fond de crise pour aider les enfants privés de toute scolarité en raison de la guerre ou de catastrophe naturelle a été lancé. Objectif : trouver 3,8 milliards de dollars. A ce jour, seulement 2 % des appels au financement humanitaire cible l‘éducation. L’Union européenne a donc décidé d’en faire sa priorité.


“J’ai déjà décidé de multiplier par 4 notre budget pour l‘éducation dans les situation d’urgence”, explique le commissaire européen en charge de l’aide humanitaire et des crises, Chystos Stylianides, car l‘éducation est un rempart contre la radicalisation, contre les recrutements, les mariages forcés, et c’est bien sûr le fondement de toutes choses.”

125 millions de personnes ont besoin d’aide dans le monde, parmi elles, 60 millions de déplacés.

Pour le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon, organisateur du sommet, il faudrait réduire de moitié ce nombre de personnes déplacées d’ici 2030.

Et pendant ce sommet, les critiques n’ont pas manqué, notamment sur la gestion de la crise des réfugiés en Europe :


“Je vais prendre l’exemple de ce qui se passe en Serbie. C’est la résultante de l’inaction de l’Europe. Aucune décision n’a été prise sur la manière de catégoriser les réfugiés et les migrants, et sur la manière de les gérer, ce qui explique qu’on a eu d’importants flux de personnes en Serbie”, explique la représentante du Programme de développement des Nations-Unies en Serbie, Irena Vojackova. Elle dit aussi espérer que la crise des réfugiés sera maintenant gérée humainement conformément aux standards auxquels souscrivent les pays européens…

Cet ambitieux sommet a dû faire face aux dures critiques d’une des plus importantes organisations humanitaires, Médecins sans Frontières, qui l’a boycotté. L’ONG dénonce l’hypocrisie de la rencontre qui ne pointe pas du doigt les Etats responsables des crises.



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