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Vous avez dit sunnite ou chiite ?

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Vous avez dit sunnite ou chiite ?

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Les conflits et les crises du monde musulman font si souvent la Une que les termes “chiisme” et “sunnisme” sont maintenant familiers pour nombre de non-musulmans qui suivent l’actualité mondiale.

Alors quelle différence y-a-t-il entre ces deux courants majoritaires de l’Islam ? Et comment sont-ils répartis dans le monde ? C’est ce que nous vous proposons de voir d’un peu plus près, même si certains analystes estiment que l’antagonisme sunnisme-chiisme est de plus en plus instrumentalisé pour servir des objectifs politiques plus larges.

Ces courants religieux se sont construits sur un socle politique

Après la mort du prophète Mahomet en 632, se pose la question du successeur le plus légitime pour diriger les croyants. Mahomet n’ayant pas désigné clairement de successeur attitré.

Dans la hâte et la débâcle qu’engendre la mort du prophète, des disciples de Mahomet désignent hâtivement Abou Bakr, compagnon de route de toujours. Finalement soutenu par une majorité des musulmans, Abou Bakr devient le premier calife et a pour tâche de continuer la mission de Mahomet. Il gouverne pendant deux années un territoire qui s‘étend de l’Arabie à l’Egypte. Après sa mort en 634, deux autres califes lui succéderont : Omar et Othman.

Mais d’autres disciples de Mahomet veulent passer le pouvoir au cousin et gendre du prophète, Ali, au nom des liens du sang, et qu’ensuite, ce pouvoir soit transmis à ses descendants mâles. Chiites signifient d’ailleurs les partisans d’Ali en arabe.

Ils représentent aujourd’hui près de 15 % des quelque 1,6 milliards de croyants musulmans dans le monde.

Ali finit par devenir le quatrième calife entre 657 et 661, mais très vite, il est contesté. Après l‘émergence d’un calife dissident, plusieurs guerres et la mort de son fils Hussein en 680 à Kerbala, en Irak, la scission se cristallise. Le calife sunnite prend le pouvoir et le consolidera, marginalisant les chiites.

La majorité des musulmans du monde est sunnite (plus de 85%). Ils s’appellent ainsi, car ce sont des adeptes d’une application souple de la doctrine musulmane (la sunna) fondée sur le Coran et des traditions.
Sachant qu’au sein du mouvement sunnite, il y a quatre grandes écoles d’interprétation (Madhab).

Selon un certain centre de recherche, le “Pew Research Center’s Forum on Religion & Public Life”, dans la plupart des pays du Moyen-Orient, au moins 40 % des sunnites ne considèrent pas les chiites comme de vrais musulmans.

Alors que certains dans le chiisme accusent le dogmatisme sunnite d‘être un terreau fertile pour l’extrémisme islamiste.

Différences dans la pratique religieuse

Outre le fait que les chiites prient trois fois par jour et les sunnites cinq fois, il y a aussi des différences entre chiites et sunnites dans la perception de l’Islam.
Les deux branches sont basées sur la Sunna qui englobe les règles ou lois de Dieu qui, selon le Coran, ont été prescrites à tous les prophètes, y compris le prophète de l’Islam, Mahomet, et les enseignements du prophète Mahomet ou Hadith.

Mais les musulmans chiites considèrent également les paroles des imams comme Hadith.
Ils accordent beaucoup plus d’importance à leurs dirigeants religieux que les sunnites.

Les Chiites ont en effet foi en la mission des douze Imams. Selon eux, après le prophète Mahomet qui a révélé le Coran, douze successeurs du Prophète sont venus pour en donner l’interprétation. Le premier de ces douze Imams serait Ali et le dernier, Muhammad, ne serait pas mort, mais aurait été “occulté” en 874 et depuis, continuerait à influencer spirituellement les dirigeants chiites.

Pour les chiites, l’imam est le représentant du prophète sur Terre.

Tout chiite est sensé se rendre à la Mecque une fois dans sa vie, mais aussi sur les tombes des imams.

Il existe de très nombreuses différences dans la manière de pratiquer l’Islam entre le sunnisme et le chiisme. Difficile de les énumérer toutes, mais souvent celles-ci ont pour but de rappeler aux chiites leur appartenance à la communauté d’Ali. Par exemple, il est d’usage lors de la prière que les chiites placent sous leur front une petite brique faite d’argile provenant directement d’un des lieux où est enterré l’un des membres de la famille d’Ali. (source : www.oumma.com)

Les cinq piliers de l’Islam, la profession de foi, la prière, la charité, le jeûne et le pélerinage, sont partagés par les deux courants, mais présentés différemment dans la foi chiite.

Les cinq principaux piliers chiites sont Tawhid (l’unicité de Dieu), Nubuwwah (la prophétie), la Résurrection, la Justice divine et Imamah (croyance en la suprématie politique et spirituel des successeurs du Prophète).
Il y a aussi les 10 pratiques religieuses du culte qui comprennent notamment ,la prière, le jeûne, la charité et le pèlerinage, auxquels s’ajoute Khums (un impôt à un cinquième). Ordonnant ce qui est juste et l’interdiction du mal, il y a Tawallá (aimer ce qui est bon) et Tabarra (dissociation avec ceux qui s’opposent à Dieu et ceux qui causent préjudice à l’Islam).
Il y a aussi le Jihad, dont le sens continue d‘être débattu par les théologiens islamiques. Traditionnellement, le Jihad serait à la fois une lutte intérieure avec soi-même pour maintenir la voie de Dieu et une lutte extérieure contre les ennemis de l’Islam qui peut être violent ou non-violent.

Le jihad est parfois considéré comme le sixième pilier de l’Islam par une minorité au sein du sunnisme bien qu’il n’en ait pas le statut officiel.

Le croissant chiite ?

La plupart des chiites se trouve en Iran, en Irak, en Syrie, au Liban et au Bahreïn, représentant géographiquement ce que certains appellent le croissant chiite.

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