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Le Château Perché : Berlin s’invite en Auvergne française

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Le Château Perché : Berlin s’invite en Auvergne française

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Jouer de l’électro dans des châteaux. C’est le pari fou qu’ont fait l’année dernière cinq vingtenaires résidant entre Paris, Berlin et Wroclaw. Cet été, pour la troisième fois depuis 2015, l’électro berlinoise résonnera dans un des châteaux d’Auvergne, en France, à l’occasion du festival du Château Perché. Son objectif : mettre en valeur une région située en plein coeur de la France, mais dont le patrimoine est bien souvent oublié, tout en la rattachant à l’Europe.

L’influence des soirées berlinoises est revendiquée par les organisateurs. Etienne Castel, responsable partenariat et sponsoring, raconte : “Un des porteurs du projet, Samy El Moudni est un ami d’enfance. Il a passé un an à Berlin et c’est là qu’il a rencontré sa copine, Kathrin Quint.” C’est donc d’un couple franco-allemand qu’est née la volonté de mélanger les châteaux de l’Auvergne avec des DJ berlinois, mais également londoniens ou lyonnais.

Château Perché

De nombreux artistes berlinois

La première édition a lieu dans le château de Chazeron. Deep house, techno, ambient… Pendant 24 heures non-stop, les différentes salles du bâtiment historique vibrent aux mêmes rythmes que les quartiers berlinois de Kreuzberg et de Prenzlauer Berg. Un tiers des soixante DJ présents viennent de la capitale allemande. Chaque espace est décoré dans le respect de l’architecture du lieu par des artistes plasticiens, eux aussi pour la plupart berlinois. “Ils ont un bon rapport qualité / prix”, explique Samy El Moudni, fondateur du festival.

Et pour cause : au Château Perché comme à Berlin, la “récup” est un art de vivre. David Hartung, invité sur les dernières éditions, fait par exemple des peintures à base de vernis à ongles. Les organisateurs du festival s’inspirent eux aussi de cette pratique berlinoise : “On fait les poubelles des magasins de bricolage, on récupère les invendus d’Emmaüs pour pouvoir installer des canapés, du mobilier…”, raconte Samy El Moudni.

“On voulait apporter l’esprit des fêtes décomplexées de Berlin”, précise-t-il. En français, en allemand et en anglais, la communication du festival est à destination de ces jeunes Européens qui cherchent des soirées libérées. Un stand ludique d’apprentissage de l’allemand pourrait même être proposé lors de la prochaine édition, en août 2016. Les organisateurs souhaitent aussi insister cette année sur la tolérance avec des performances telles qu’un queer show participatif, lors duquel les festivaliers seront amenés à danser et à communiquer avec une personne queer.

Les organisateurs doivent faire leurs preuves

L’association organisatrice de l’événement, l’Amicale BPM, a déjà pu travailler sur le thème du respect et de la différence lors des premières éditions. Etienne Castel se souvient : “Pour démarcher les châteaux privés, on s’est demandé comment faire : ce sont des lieux étrangers à la culture jeune et urbaine.” Par chance pour eux, “les châtelains ont toujours besoin d’argent” et recherchent ce genre d’événement. Certains d’entre eux se sont finalement montrés ouverts d’esprit au point de participer au festival jusqu’aux premières lueurs du jour.

L’équipe organisatrice a néanmoins dû faire ses preuves, alors que les habitants des villages concernés se montrent parfois méfiants à cause de leur âge et de différences générationnelles. “Pour les commerçants, aider Clermont-Ferrand et Orset (deux communes proches du village dans lequel se trouvait le premier château, ndlr), ce n’est pas local, explique Etienne Castel, lui-même clermontois résidant désormais à Berlin. Alors que pour ma génération, l’Auvergne, c’est déjà du local”.


Cela n’empêche par les cinq organisateurs de se montrer ambitieux pour la suite. Sans subventions, ni mécénat, d’après Etienne Castel, “on a un business model qui marche et nous assure notre indépendance. On fait tout nous-mêmes. Avec des économies de bouts de chandelles, mais ça fonctionne.” Afin d’avoir à terme une structure plus pérenne que l’association à but non lucratif qu’ils ont fondée pour le festival, ils espèrent monter un label franco-allemand, Perchépolis.

Après une deuxième édition en avril, le festival du Château Perché revient les 13, 14 et 15 août au château de Ravel, connu en France pour avoir été le lieu de tournage du film Les Choristes de Christophe Barratier. Victime d’un incendie partiel début juin, le château recevra bien le festival malgré tout.

Cette fois, le festival durera trois jours. Les places, de 31,99 à 43 euros la journée, sont en vente depuis le début du mois. Les spectateurs de toute l’Europe pourront arriver par l’aéroport ou la gare de Clermont-Ferrand.

Les trois éditions du festival

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