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Colombie : enfin, la paix !

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Colombie : enfin, la paix !

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La poignée de main est lourde de sens : elle scelle la fin de 52 années de guerre civile en Colombie. L’accord de paix signé ce mercredi à la Havane par le gouvernement colombien et la guérilla des FARC s’appliquera selon des conditions bien précises comme l’a souligné le président colombien Juan Manuel Santos depuis Bogota. “Les FARC remettront leurs armes aux Nations-Unies selon un calendrier qui a déjà été annoncé, dans un délai de six mois, a-t-il indiqué avant d’ajouter : Tout ce processus sera vérifié et contrôlé par une commission de l’ONU, ce qui veut dire que les FARC cesseront d’exister et se transformeront en un mouvement politique non armé.”

Paquet de mesures

Cette annonce a été accueillie avec joie à Bogota. L’immense majorité des 47 millions de Colombiens n’a jamais connu la paix. Il faut rappeler que le conflit qui a débuté en 1964 a fait 260.000 morts dans le pays.

“Je pense que c’est un moment historique, a affirmé Ana Maria Salamanca, participante à un rassemblement dans la rue, cela nous donne la possibilité de rêver et de commencer à construire et à rendre concret ce à quoi tant de gens ont travaillé depuis si longtemps, à savoir bâtir la paix, la non-violence, gérer les conflits autrement qu’avec les armes.”



Cet accord qui doit encore être validé par référendum le 2 octobre précise le processus de désarmement des quelque 8000 combattants de la guérilla, les modalités des poursuites à l’encontre de militaires et rebelles accusés de crimes, mais il prévoit aussi des mesures agraires. Plus de sept millions de personnes ont été déplacées en raison du conflit, essentiellement des paysans chassés de leurs terres par les combats et par les milices paramilitaires d’extrême-droite.

Des bandes criminelles et une autre guérilla

Après trois échecs en 1984, 91 et 99, ce sont les négociations entamées à la Havane en novembre 2012 sous l‘égide de Cuba et de la Norvège qui ont finalement porté leurs fruits. Le 23 juin dernier, un pas décisif avait été fait : un cessez-le-feu bilatéral et définitif avait été entériné dans un contexte d’affrontements plus limités, notamment grâce au cessez-le-feu unilatéral observé par les FARC depuis juillet 2015.

Même si l’accord final de ce mercredi se concrétise, la Colombie n’en aura problablement pas fini avec les violences : son gouvernement doit encore faire face aux bandes criminelles et à l’Armée de libération nationale, guérilla avec laquelle il prévoit d’entamer prochainement des pourparlers de paix.

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