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États-Unis : "Ces élections ont permis aux racistes d'être ouvertement racistes"


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États-Unis : "Ces élections ont permis aux racistes d'être ouvertement racistes"

Les étrangers installés aux Etats-Unis n’ont pas tous le droit de vote pour la présidentielle mais ils ont suivi avec attention la campagne. Car le résultat du scrutin aura aussi une incidence sur leur vie. Donald Trump a par exemple promis de remettre en question le système de santé mis en place par Barack Obama. Il a multiplié les propos haineux à l’encontre des étrangers accusés d‘être responsables de la situation économique. La peur de l’autre et le racisme ont été exacerbés dénonce Alberto Marques, un Espagnol, professeur de musique, il vit à New York depuis cinq ans :

“Ces élections aux États-Unis ont permis aux racistes d‘être ouvertement racistes (…) Par exemple, il y a deux mois, alors que je parlais avec mon frère au téléphone en catalan, j‘étais avec mon fils, il avait juste une semaine, et ma femme. Un couple blanc, âgé d’environ 60-70 ans, m’a dit: ‘Pouvez-vous parler moins fort ?’ Je leur ai demandé: ‘Pourquoi ?’ Ils m’ont répondu que j‘étais un invité aux États-Unis, et m’ont demandé pourquoi je ne voulais pas partir”.

Olga Filippova s’est installée à New York il y a 7 ans. Cette architecte et artiste russe de 34 ans a quitté son pays par manque dit-elle d’opportunités. Elle soutient Hillary Clinton car elle croit fermement que son élection peut représenter une avancée majeure dans la lutte pour l‘égalité hommes-femmes.

“Si Hillary devient présidente, je vais probablement créer ma propre entreprise. Voilà pourquoi c’est si important, et pourquoi je suis ravie qu’Hillary devienne présidente, non seulement parce que c’est une femme, mais parce que c’est quelque chose d’important pour moi; quand je vais parler avec mes amis russes, je leur dirai: ‘Nous avons une femme présidente’, ce n’est pas rien ! Car pour eux avoir une femme comme présidente, c’est digne d’un conte de fées (…) Donald Trump représente tout ce que nous voulons fuir : l’arrogance, la discrimination, le racisme, le sexisme et l’homophobie.”

Alberto Mezzoli est propriétaire d’une boulangerie. Cet Italien naturalisé américain vit à New York depuis 16 ans et il ira voter. Il s’inquiète de la proposition démocrate d’augmenter le salaire minimum. Il affirme que cela aura pour conséquence l’augmentation des prix de ses produits, ce qui pourrait faire fuir des clients. Aucun des deux candidats n’a ses faveurs :

“Je représenterais Hillary comme un soufflé à la vanille, si gonflé qu‘à la sortie du four, il s‘écroule. Et Trump avec toutes ses expériences, son énergie et ses aventures féminines… Je le verrai bien comme un sabayon avec quelques grains de raisin et une petite boule de glace vanille (…) Ce sont les pires élections que les Etats-Unis aient connues; tout le monde n’a qu’une hâte : que ça se termine, qu’un des deux soit choisi et on verra bien ce qui se passera.”

Jamais les candidats à une élection présidentielle n’ont été aussi impopulaires aux Etats-Unis. Selon un récent sondage, 50% des Américains n’aiment pas Hillary Clinton, ils sont 62% concernant Donald Trump.

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