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Nous sommes à Sarajevo, capitale de la Bosnie-Herzégovine. En se promenant dans ce centre-ville plutôt animé, on remarque une mosquée, une cathédrale, une synagogue. On comprend alors pourquoi on a surnommé Sarajevo la « Petite Jérusalem. »

Mais dès que l’on regarde d’un peu plus près on remarque les stigmates de la guerre : la ville porte toujours les cicatrices du terrible conflit qui l’a déchirée il y a vingt ans. Sur le flanc de cet immeuble, les impacts d’obus témoignent des heures sombres de Sarajevo.

C’est un tout autre genre de catastrophe qui a eu lieu à Sarajevo et dans sa région en mai 2014. Le long de la rivière Bosna à la sortie de la ville, les signes des pires intempéries depuis plus d’un siècle sont bien visibles sur la plupart des habitations.

« C’est une très belle journée ici en Bosnie-Herzégovine, alors il est difficile d’imaginer que la ville que l’on voit derrière moi, la ville de Doboj, fut détruite il y a deux ans par un véritable ras de marée. »

Le cours d’eau que vous voyez à l’horizon est sorti de son lit et certains quartiers se sont retrouvés sous sept mètres d’eau.

Mais grâce à une initiative conjointe des Nations Unies et de l’Union Européenne, la ville a été presque entièrement restaurée, et seules restent quelques traces de la catastrophe.

Le Programme de reconstruction européen pour les inondations a réhabilité environ 130 institutions publiques et plus de 4.500 immeubles individuels.

Siniša Ubiparipović, du PNUD :
« Il y a un peu plus de deux ans et demi, il était impossible de se tenir debout ici car le niveau d’eau dans cette partie de la ville était de trois mètres et demi. Je m’en souviens très bien car j‘étais ici, sur un bateau de sauvetage avec des collègues, et on essayait de passer de l’autre côté mais c‘était impossible car le courant était beaucoup trop fort. »

Siniša raconte comment il a vu les employés et les patients fuir ce centre de santé alors qu’ils voyaient l’eau monter. Depuis, il a été complètement rénové…

Obren Petrovic est le maire de Doboj. Si vous tournez la caméra vers la gauche vous apercevez une crèche, et face à lui se trouve se trouve la mairie de la ville. Ces deux bâtiments ont été restaurés grâce aux différents programmes, mais le maire explique aussi que Serbes, Bosniens et Croates se sont serré les coudes et aidés les uns les autres.

Amir Bradarić, fermier, a vu sa ferme et sa maison complètement détruites par la crue.

« Avant le déluge je faisais pousser des fraises ici, mais tous les pieds que j’avais ont été détruits. Je me suis présenté au programme de soutien de l’ONU et j’ai été sélectionné. Ils m’ont donné de nouveaux plans à planter. »

Et d’ajouter : « Notre Etat est un échec, nous devons nous battre pour survivre. »