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Mario Soares, père de la démocratie portugaise


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Mario Soares, père de la démocratie portugaise

Il était l’homme politique le plus populaire du Portugal, admiré par ses pairs qu’ils soient de gauche ou de droite.
L’ancien président socialiste Mario Soares a marqué l’histoire politique portugaise de son empreinte durant quatre décennies.

Et cela commence vraiment en 1974.
Opposant au dictateur Salazar, exilé en France, co-fondateur du Parti socialiste portugais un an plus tôt, Mario Soares rentre au pays en héros juste après la révolution des oeillets…

Homme clef de la transition démocratique, il participe au premier gouvernement provisoire et à l’assemblée chargée de rédiger la nouvelle constitution. Il est chargé de l’indépendance des colonies et devient ministre des affaires étrangères. Puis il est élu Premier ministre pour la première fois en 1976.

Né en 1924 à Lisbonne, Mario Soares s’est engagé très tôt en politique pendant ses études d’histoire et de droit. Marié à Maria Barroso et père de deux enfants, avocat, il défend les prisonniers politiques, ce qui lui vaut d‘être arrêté et déporté dans une colonie portugaise l’année de ces images de 1968, avant son exil en France en 1970.

Architecte de l’adhésion du Portugal à la Communaute économique européenne (ancêtre de l’UE) en 1985 (il est à nouveau Premier ministre), il se présente à l‘élection présidentielle en 1986 et est élu pour la première fois.

Réélu pour un deuxième mandat consécutif, il occupera la présidence jusqu’en 1996.

Son prestige dépasse alors les frontières du Portugal, il obtient de dizaines des prix, comme ici en Afrique du Sud, ou encore le prix européen Robert Schuman.

En 2006, à l‘âge de 81 ans, alors qu’il disait avoir pris sa retraite politique, il se représente à l‘élection présidentielle, une manoeuvre politicienne, et cette fois-ci, les Portugais lui tournent le dos. Soares devient alors un leader d’opinion.

En 2011, il dénonce ce qu’il appelle “les monstres de notre temps” :

C’est la domination de l‘économie, des affaires sur les pays qui est une tragédie peu importe le pays ou groupe de pays. Je pense que l’Union européenne traverse actuellement la plus grande crise de son histoire. Tout le monde a compris que si l’on continue sur cette voie, l’Europe n’aura pas d’avenir dans le monde.

Jusqu‘à la fin, il s’est engagé pour la démocratie, contre l’obscurantisme, contre la terreur… En janvier 2015, il observait une minute de silence en solidarité avec les victimes de l’attaque contre Charlie Hebdo devant la mairie de Lisbonne.




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