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Les coopératives, championnes de l'économie sociale et solidaire


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Les coopératives, championnes de l'économie sociale et solidaire

Le secteur de l‘économie sociale et solidaire est loin d‘être marginal aujourd’hui en Europe : les coopératives par exemple emploient 4,5 millions de personnes. Pourquoi de plus en plus d’entrepreneurs parient-ils sur ce modèle ? Pour mieux comprendre, nous recueillons le point de vue de Martine Pinville, et découvrons en région parisienne, une coopérative à la fois sociale, solidaire, mais aussi compétitive, robuste et résiliente et nous recueillons le point .

Les chiffres de l‘économie sociale

  • Un nombre significatif d’entreprises européennes ont pour but, de générer des profits pour ceux qu’elles emploient plutôt que pour leurs propriétaires ou les investisseurs. C’est ce que l’on appelle l‘économie sociale et solidaire.
  • On recense 2 millions d’entreprises sociales en Europe, ce qui représente 10% de toutes les sociétés installées dans l’Union européenne. Elles font travailler 6% de sa population active.
  • Les coopératives jouent un rôle important dans l‘éco-système de ce secteur. 180.000 entreprises en Europe sont des coopératives.
  • À la différence des entreprises cotées en bourse qui doivent servir les intérêts de leurs actionnaires et se concentrer sur la rentabilité à court terme, la priorité de ces sociétés coopératives est de redistribuer les bénéfices à leurs sociétaires qui peuvent être également leurs clients, leurs ouvriers ou leurs employés.

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Au ministère de l‘Économie et des Finances à Paris, nous faisons le point sur l’essor de l‘économie sociale et solidaire en France et en Europe avec Martine Pinville, secrétaire d’Etat au Commerce.

Serge Rombi, euronews :
“L‘économie sociale et solidaire est en plein boom : ce secteur n’est pas du tout marginal en France et en Europe.”

Martine Pinville, secrétaire d‘État au Commerce : “Absolument pas. En France, cela représente 10% du PIB, plus de 2 millions d’emplois et 14% de l’emploi privé.”

Une forge coopérative

Voyons comment fonctionne une coopérative, l’une des catégories d’entreprises de ce secteur où l’on cherche à concilier activité économique et utilité sociale, en nous rendant à quelques kilomètres de Paris, dans un atelier de forge. Il est organisé en SCOP (ou coopérative) depuis sa création par des maréchaux-ferrants parisiens en 1912.

Aujourd’hui, près d’une centaine de personnes travaille sur place et produit des pièces métalliques. Le chiffre d’affaires est de 20 millions d’euros par an. Et point important : l’entreprise a toujours affiché des résultats positifs. “Nos clients, ce sont les grands noms de l’aéronautique, du spatial, du nucléaire et du pétrole, indique Jean-Léry Lecornier, PDG de l’Union des Forgerons. Nous leur fournissons aujourd’hui des pièces qui vont aller dans des équipements de haute technologie, avec un savoir-faire de plus d’un siècle,” précise-t-il.

Redistribution des bénéfices

Ouvrier – en poste ou à la retraite -, chef de service ou PDG, certains salariés de la forge en sont aussi les sociétaires. Autrement dit, ce sont eux les propriétaires à parts égales. “Nous redistribuons environ 60% de nos bénéfices aux salariés, souligne Jean-Léry Lecornier. Ce qui crée une dynamique, une motivation, une polyvalence au niveau des postes et la compétitivité de l’entreprise,” ajoute-t-il.

25 millions d’euros viennent d‘être investis dans de nouvelles machines. La décision a été prise comme tous les autres arbitrages importants, par l’ensemble des sociétaires comme Claude Faure, le responsable qualité de la forge. “Lorsqu’une société fait des profits, ils vont à une ou quelques personnes, explique-t-il. Aujourd’hui, dans une coopérative comme la nôtre, tous ces profits ne vont pas à une seule personne, mais sont réinvestis dans la société, justement pour aller un petit plus vers l’avant,” affirme-t-il.

Compétitivité

Reprenons notre discussion avec Martine Pinville, secrétaire d’Etat au Commerce.

Serge Rombi :
“Dans cet exemple, on se rend compte que l‘économie sociale et solidaire est aussi compétitive.”

Martine Pinville :
“Oui. C’est une économie très compétitive ! C’est une économie robuste et résiliente qui a su résister à la crise. Cette économie sociale et solidaire a créé trois fois plus d’emplois que dans le secteur privé classique ces dix dernières années.”

Les coopératives sont présentes dans de nombreux secteurs, de la banque aux énergies vertes en passant par la santé, l‘éducation, l’agriculture et l’assurance. Il y a 180.000 coopératives aujourd’hui en Europe. Elles emploient plus de quatre millions et demi de personnes.

Serge Rombi :
“On a vu cet exemple en France, mais évidemment, l‘économie sociale et solidaire n’existe pas qu’en France."

Martine Pinville :
“Non, on a voulu créer une dynamique européenne avec d’autres pays européens et la Commission européenne.”

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