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Des traces d'iode radioactif détectées dans l'air en Europe


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Des traces d'iode radioactif détectées dans l'air en Europe

Des traces d’iode 131, un élément radioactif, auraient été détectées dans l’air à proximité du sol en Europe au cours du mois de janvier dernier, selon l’Institut de radioprotection et de sureté nucléaire (IRSN).

Cet institut s’appuie sur les données d’un réseau d’échange européen informel entre organismes en charge de la surveillance radiologique de l’atmosphère, dénommé « Ring of Five ». Il rapporte que la présence d’iode 131 a été notée en premier dans l’extrême nord de la Norvège, puis en Finlande, Pologne, République tchèque, Allemagne, France et en Espagne.

L’IRSN a également fait savoir qu’étant donné la durée très courte (environ 8 jours) de la période radioactive de l’iode 131, le rejet observé en janvier devait être relativement récent. L’organisme a reconnu tout de même ne pas connaître encore la source de ce dernier et a assuré que les niveaux de radioactivité détectés étaient sans aucun risque pour la santé : les plus élevés ont été observés en Pologne près de Varsovie (5,9 µBq/m3).

En France, les analyses faites dans trois stations du réseau Opera-Air de l’IRSN, dans l’Essonne, en Côte-d’Or et dans le Puy-de-Dôme, ont révélé des concentrations comprises entre 0,1 et 0,31 µBq/m3.
L’organisme français a reconnu par ailleurs que les conditions météorologiques défavorables (« inversions de température ») avaient vraisemblablement participé au niveau de concentration de ce radionucléide.

Les origines mystérieuses de l‘élément radioactif ont déconcerté les autorités, dont certaines affirment que sa présence pourrait indiquer soit un lancement secret de missiles nucléaires russes, soit une fuite d’une centrale nucléaire.

Dans le passé, l’iode 131 a été détecté lors des essais nucléaires américains et soviétiques au cours des années 1950. Il a également été trouvé suite à la fusion du réacteur de Fukushima au Japon, ainsi que lors de l’accident nucléaire de Tchernobyl en 1986. Mais l’iode 131 est également couramment utilisé en médecine pour traiter entre autres l’hyperthyroïdie, ce qui a conduit aux soupçons d’une fuite encore non identifiée ou non signalée dans une usine pharmaceutique.

Dès que les pics de radioactivité ont été détectés en Europe, un avion militaire américain a été déployé au Royaume-Uni. Le WC-135 Constant Phoenix est capable d’identifier les rejets radioactifs d’une explosion nucléaire, il avait été utilisé pour traquer la contamination radioactive après les accidents à Tchernobyl et à Fukushima.
Selon le journal britannique The Independent, un porte-parole de l’US Air Force a déclaré que l’avion avait été envoyé dans le cadre d’un «déploiement rotatif programmé à l’avance».