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Comment l'innovation japonaise aide au développement durable de la planète


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Comment l'innovation japonaise aide au développement durable de la planète

Le Japon s’appuie sur ses atouts économiques et sociaux pour bâtir un avenir durable tel qu’il est établi dans les Objectifs de développement établis par l’ONU et entrés en vigueur au 1er janvier 2016. Dans cette édition de Spotlight, nous découvrons des innovations japonaises dans les domaines de la construction, de la gestion des déchets et de l’assainissement qui s’inscrivent dans cette démarche.

Les Nations Unies ont établi une série d’Objectifs de développement durable à remplir d’ici 2030 qui sont entrés en vigueur au premier janvier 2016. Déclinés en dix-sept points essentiels, ils prévoient d‘éradiquer la pauvreté, protéger la planète et garantir la prospérité pour tous à l‘échelle de la planète. Le Japon par exemple s’appuie sur son expérience, son savoir-faire et ses capacités d’innovation pour participer à cette démarche.

Construction intelligente et plus respectueuse de l’environnement

Mieux intégrer le respect de l’environnement dans le secteur du bâtiment, c’est la préoccupation d’une entreprise japonaise qui mise sur l’intelligence artificielle pour améliorer sa productivité, mais aussi pour encourager les femmes à rejoindre ses effectifs.

Nous nous rendons sur l’un de ses chantiers high-tech. Des drones équipés de balayage laser y analysent le terrain. Ce qui permet d‘établir des relevés 3D. Les informations sont partagées avec l’ensemble des machines et des ouvriers par le biais d’une salle de contrôle.

La réalisation gagne en précision, en temps et en rentabilité. Elle respecte aussi davantage l’environnement, explique Chikashi Shike, président de la division promotion de la Construction intelligente chez Komatsu : “La construction intelligente s’applique à l’ensemble du processus de production, du début à la fin, dit-il. Grâce aux données 3D, la rentabilité augmente naturellement ; l’intervention des engins devient aussi plus efficace et donc, les émissions de CO2 sont réduites,” assure-t-il.

Grâce à son système qui rend aussi la tâche moins fatigante, la société veut inciter davantage de femmes à travailler dans ce secteur. Au Japon, plus d’un million de postes sont non pourvus dans le bâtiment. “En utilisant ce système, indique Yuki Ohnuki, collaboratrice chez Komatsu, j’espère que les femmes seront davantage présentes dans le secteur de la construction, pas seulement dans notre pays, mais à travers le monde.”

Recycler des pièces de tram en fin de vie

La gestion des déchets est une problématique majeure pour les pays développés et en développement. Le jeune Shuji Yonemura pense pour sa part que les objets devenus obsolètes peuvent avoir une seconde vie. Il est le manager d’un projet intitulé Remember. Que faire par exemple d’un tram quand il ne peut plus rouler ? Il a trouvé la réponse. Il nous invite à entrer dans un tram désaffecté et nous montre des interrupteurs et des équipements : “On trouve beaucoup de choses que l’on peut recycler et réutiliser,” insiste-t-elle.

Le projet Remember est une déclinaison de l’initiative du gouvernement japonais baptisée 3R pour “Réduire, Réutiliser, Recycler”. Son initiateur parle d’un “recyclage spirituel” : il s’agit de transformer les pièces d’un tram ou d’un train en fin de vie en outils ou en souvenirs. “On veut établir un cercle vertueux, affirme Shuji Yonemura, en transférant à des organisations caritatives, les profits générés par la vente des produits conçus avec des pièces de train ou en utilisant ces fonds pour réparer les trains.”

D’après Shuji Yonemura, son projet pourrait être reproduit ailleurs dans le monde et notamment en Europe où le réseau ferroviaire est très développé.

“Aider les pays en développement en matière de réduction des risques de catastrophe et de santé en Afrique”

Pour en savoir plus sur les actions menées par le Japon en vue de les atteindre, nous avons interrogé Megumi Ishizuka, directrice adjointe de Global Cooperation au Japon.

Daleen Hassan, euronews :
“Que fait votre pays pour atteindre les Objectifs de développement durable ?”

Megumi Ishizuka, directrice adjointe de Global Cooperation au Japon :
“Au Japon, nous travaillons sur la réalisation des objectifs par exemple en matière d‘émancipation des femmes et de travail décent. Au plan international, le Japon a été un grand défenseur de la notion de sécurité humaine qui fait partie du programme à l’horizon 2030 : Ne laissons personne de côté.
Donc, avec une telle approche centrée sur l’homme, nous pouvons jouer un rôle significatif en aidant les pays en développement à remplir les Objectifs de développement durable, en particulier dans les domaines où nous avons fait nos preuves comme la réduction des risques de catastrophe et la santé en Afrique.”

Afrique subsaharienne : de nouvelles toilettes pour prévenir la propagation de maladies

Dans de nombreux pays du monde, une partie de la population est privée de services d’assainissement de base, ce qui cause des problèmes sanitaires et sociaux majeurs.

En Afrique subsaharienne, par exemple, quelque 700.000 personnes n’ont pas accès à des services d’assainissement. Des conditions qui favorisent la transmission de maladies. Une société japonaise a inventé pour ces pays, un modèle de toilette innovant et bon marché qui empêche les insectes d’atteindre les eaux souillées et de propager des germes.

A Tokyo, son vice-président nous explique de quoi il s’agit en nous montrant son produit : “C’est un simple clapet à contrepoids, précise Jim McHale de LIXIL. Ce petit boîtier est rempli de béton lors de l’installation sur site et cela permet de remettre le clapet en position fermée,” poursuit-il. D’après la société, 100 millions de personnes devraient bénéficier de ses produits d’ici 2020.

Elle répond à son échelle à un enjeu sanitaire crucial : d’après l’UNICEF, 500 enfants meurent chaque jour, en Afrique subsaharienne, à cause du manque d’eau salubre et d’un assainissement insuffisant.

“Éduquer et impliquer les jeunes”

Bien sûr, de nombreux défis restent à relever. Reprenons notre entretien avec Megumi Ishizuka, directrice adjointe de Global Cooperation au Japon.

Daleen Hassan :
“Pensez-vous vraiment que les Objectifs de développement durable des Nations Unies peuvent réellement être atteints à l’horizon 2030 ?”

Megumi Ishizuka :
“J’aimerais conserver de grands espoirs. Le principal défi pour la communauté internationale, c’est de sensibiliser l’opinion publique. Et surtout, éduquer et impliquer les jeunes est essentiel parce que ces Objectifs visent à façonner le monde dans lequel ils vivront à l’avenir.”