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Tchétchénie : des homosexuels torturés et battus à mort, selon LGBT Russie

Depuis que Ramzan Kadyrov tient la Tchétchénie dans sa poigne de fer – il en est devenu le président le 2 mars 2007 – on ne parle plus guère de cette république de la Fédération de…

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Tchétchénie : des homosexuels torturés et battus à mort, selon LGBT Russie

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Depuis que Ramzan Kadyrov tient la Tchétchénie dans sa poigne de fer – il en est devenu le président le 2 mars 2007 – on ne parle plus guère de cette république de la Fédération de Russie. Les organisations de défense des droits de l’Homme ont pourtant tellement à dire sur les exactions de toutes sortes qui s’y déroulent en toute impunité, mais la censure russe veille… Heureusement, dans ce champ de désolation se tient encore debout Novaïa Gazeta. Le journal russe, qui continue de payer cher son courage d’informer (6 journalistes assassinés, dont Anna Politkovskaïa), vient de sortir une information qui nous ramène brutalement aux années 1930.

Un ou plusieurs camps de prisonniers réservés aux homosexuels ont été établis en Tchétchénie, affirme Novaïa Gazeta, plus d’une centaine de personnes y seraient détenues, torturées et parfois exécutées; le média indépendant a identifié pour le moment trois des prisonniers tués et craint qu’il y en ait plus. Les témoignages recueillis ont permis de localiser l’un de ces centres spéciaux de détention dans un ancien quartier général militaire, officiellement désaffecté, dans la ville d’Argoun, située à une vingtaine de kilomètres seulement à l’est de la capitale, Grozny.

Voici la localisation du centre de détention publiée par Novaïa Gazeta :

Torturés avec des décharges électriques

Le mouvement LGBT, qui rassemble les lesbiennes, les gays, les bisexuels et les transsexuels, est implanté en Russie et commence à recevoir des récits terrifiants. “Ceux qui ont pu s‘échapper ont dit qu’ils étaient enfermés à trente ou quarante dans une même pièce”, explique Svetlana Zakharova. “Ils sont torturés avec des décharges électriques et souvent battus, parfois à mort”. A l’appui, Novaïa Gazeta a publié des photographies de traces de ces supplices sur les corps de deux hommes qui ont réussi à fuir. D’autres homosexuels ont raconté qu’ils avaient été forcés à verser des milliers de roubles à la police tchétchène en échange d’une liberté toute provisoire.

Le “nettoyage préventif”, comme l’appelle le journal russe d’opposition, a débuté en mars dernier lorsque le projet GayRussia-ru a été lancé afin d’organiser des Gays Prides dans plusieurs villes du Caucase du Nord. “Les homosexuels sont traités très durement en Russie”, rappelle Amnesty International. En Tchétchénie, l’homophobie règne même au sein de leurs familles, et s’ils ont le malheur de se déclarer, ils peuvent être chassés, voire assassinés histoire de “laver l’honneur”.

Les homosexuels "n'existent pas" en Tchétchénie, selon le président

Ramzan Kadyrov, maître de la Tchétchénie :

Le président du Parlement tchétchène, Magomed Daudov, et le chef de la police d’Argoun, Aioub Kataev, sont montrés du doigt, comme étant les organisateurs de la persécution des homosexuels, par des organisations de défense des droits de l’Homme. Ces dernières, ainsi que le Parlement européen, demandent l’ouverture d’une enquête. L’homme fort de la Tchétchénie, Ramzan Kadyrov, soupçonné d’avoir éliminé définitivement ses principaux opposants ( 6 ont été assassinés depuis 2008 en Turquie, en Autriche, à Dubaï), répond qu’il s’agit de “mensonges absolus”. Son porte-parole fait mieux puisqu’il a déclaré : “Il est impossible de persécuter des personnes qui n’existent pas dans notre république”.