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Enquête sur les armes de Coulibaly : 10 suspects en garde à vue

La filière de la fourniture d’armes à Amédy Coulibaly, le tueur de l’Hyper Cacher à Paris, a été remontée.

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Enquête sur les armes de Coulibaly : 10 suspects en garde à vue

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La filière de la fourniture d’armes à Amédy Coulibaly, le tueur de l’Hyper Cacher à Paris, a été remontée. Depuis lundi, une série d’arrestations a eu lieu en France et en Belgique. Ce mercredi, dix suspects ont été placés en garde à vue par la Sous-direction antiterroriste de la police judiciaire, dans l’enquête sur les attentats contre le journal satirique Charlie Hebdo et la supérette juive de la porte de Vincennes en janvier 2015.

Selon des sources proches de l’enquête, les personnes entendues sont soupçonnées d’avoir procuré des armes de guerre à Coulibaly. Le terroriste islamiste avait mené une prise d’otages sanglante dans l’Hyper Cacher le 9 janvier 2015. Il y avait exécuté quatre membres du personnel et clients, tous juifs, avant d‘être abattu par les forces d‘élite de la police et de la gendarmerie. Son arsenal, provenant notamment de Slovaquie, avait transité par la Belgique avant d‘être revendu à une société française.

Le trafiquant d'extrême droite et l'islamiste

Il se fait que cette entreprise appartient à la compagne d’un sympathisant de l’extrême droite, accusé d‘être un trafiquant d’armes et actuellement emprisonné. Cet homme s’appelle Claude Hermant, il fait partie des dix personnes gardées à vue, tout comme son amie.
Déjà poursuivi dans un dossier de trafic d’armes instruit par un juge de Lille, la préfecture du département du Nord, Hermant a été auditionné plusieurs fois. Il a nié avoir remilitarisé les armes fournies à Amédy Coulibaly, et nié avoir eu connaissance d’un attentat préparé par ce dernier.

Une photo de Claude Hermant publiée par le quotidien La Voix du Nord :

Au cours des années 1990, Claude Hermant a joué les “barbouzes” pour le Front national, alors dirigé par Jean-Marie Le Pen. Il a été l’un des gros bras du Département Protection et Sécurité (DPS), autrement dit du service d’ordre du FN, pendant six ans. Puis, après la scission du parti d’extrême droite en 1999, il a participé à une mission dite “de sécurité” dans la République du Congo. L’opération a été un tel échec qu’il s’est retrouvé en prison dans ce pays africain durant plusieurs mois.