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Stations d'épuration innovantes et bactéries électroactives !


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Stations d'épuration innovantes et bactéries électroactives !

L’endroit pourrait tout à fait être un parc il s’agit pourtant d’un site expérimental près de Séville. Un site dont le but est d‘épurer les eaux usées d’une ville ou de petites agglomérations.

Ici pas d’odeurs d‘égouts. Pas de moustiques non plus, ou de bâtiments industriels. Les eaux usées de la petite ville de Carrión de los Céspedes sont purifiées ici de façon naturelle, grâce à des micro organismes qui prospèrent dans le sol.

Carlos A. Aragón Cruz, chercheur du CENTA : “Ça ce sont les eaux usées qui viennent de la ville et que nous traitons dans l’unité expérimentale…”

Les chercheurs utilisent une bactérie électroactive qui produit de l‘électricité tout en décomposant les matières organiques.

Carlos A. Aragón Cruz : “et ça c’est le résultat final… vous voyez la différence !” Une différence frappante entre un pot d’eau trouble et un autre d’eau parfaitement claire.

Les avantages sont évidents. La bactérie électroactive peut purifier l’eau dix fois plus rapidement que d’habitude – si on arrive à extraire les électrons ainsi produits. C’est la raison pour laquelle ces zones humides expérimentales sont dotées de matériaux conducteurs d‘électricité.

Abraham Esteve-Núñez, chercheur IMDEA AGUA : “Les eaux usées arrivent dans ce système qui n’est connecté à aucune source externe d‘énergie et on y trouve des micro-organismes particuliers, ce sont des micro-organismes électro-actifs capables de produire de l‘électricité et qui recouvrent la surface de matières comme celle-ci, des matières électro conductrice et qui agissent comme des supports physiques et qui en même temps aident à accélérer le processus métabolique impliqué dans l‘épuration de cette eau. En fin de compte on obtient cette eau propre sans apport d‘énergie et une eau qui ne comporte aucun résidu polluant.”

Voici comment un système compact peut répondre aux besoins d’une petite communauté : les eaux usées d’une fosse septique passent au travers d’un bio-filtre végétal, devenant ainsi une eau prête à être utilisée pour l’irrigation – ici jusqu‘à 25 000 litres par jour. Les premiers systèmes ont été implantés en Espagne, au Mexique, en Argentine et au Danemark.

Juan José Salas Rodriguez, directeur de rechercue CENTA : “Cette technologie peut être utilisée dans le monde entier, et pas uniquement ici dans les environs de Séville où nous sommes installés. Nous avons des preuves qu’une technologie similaire peut fonctionner dans des environnements très froids sans aucun problème. Il ne faut pas oublier que la bio masse qui est responsable de l‘épuration se trouve au dessous du substrat ce qui lui permet de travailler avec des basses températures sans problème en obtenant les mêmes résultats.”

Ici au Danemark, les chercheurs qui travaillent sur ce projet de sont en train de tester différents matériaux électro-conducteurs pour trouver les plus efficaces et les moins chers.

Carlos A. Arias, chercheur en biologie aquatique, Université d’Aarhus : “Le matériau que nous sommes en train d’utiliser est un résidu de l’industrie pétrolière, on l’utilise pour que les bactéries s’y accrochent et comme le matériau est électro conducteur les électrons vont être transférés pour dégrader les matières organiques.”

Les chercheurs ont développé des électrodes qui permettent de mesurer les flux d‘énergie générés par les bactéries électro actives à différentes profondeurs.

Carlos A. Arias : “Pour déterminer quel matériau dans sa colonne est le plus efficace, nous avons installé une série de valves à différents niveaux pour établir une corrélation entre le flux d‘électrons et l’efficacité de l‘épuration de l’eau.”

D’autres recherches vont porter sur des matériaux électro conducteurs plus écologiques pour développer une façon rapide et propre d‘épurer les eaux usées. Un progrès significatif dont on espère qu’il se répandra largement sur la planète.

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