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A Al-Hoceïma, la saison touristique a démarré. Cette ville portuaire du nord du Maroc a retrouvé ses visiteurs et ses activités estivales. Dans cette province du Rif, la plus densément peuplée du Maroc mais aussi l’une des plus pauvres, un vent de révolte a pourtant soufflé pendant des mois. Et si les escouades de policiers sont un peu plus discrètes depuis une semaine, les forces de l’ordre ne sont jamais loin.

En octobre, la mort d’un vendeur de poisson, écrasé par une benne qui détruisait sa marchandise pêchée illégalement, a mis le feu au poudres, provoquant des manifestations en série. Une contestation populaire contre le chômage de masse et la corruption notamment. Si le calme est revenu, la colère est toujours là, alimentée par le manque de perspectives pour les jeunes.

“Je voudrais avoir un avenir, avoir mon propre magasin, fonder une famille comme tout le monde, se lamente Abdullah, 19 ans, qui vend des produits dans le souk. Pourquoi est-ce que les Marocains qui vivent à l‘étranger ont un niveau de vie bien plus élevé que nous ? On le voit quand ils reviennent ici.”

“Moi, ce que je demande, c’est une université, un hôpital, une usine pour travailler, intervient Zakaria, 21 ans. Si c’est pour défendre ces droits que je dois aller en prison, je veux y aller. Nous sommes tous Zefzafi ! Vive le Rif !”

Nasser Zefzafi, c’est l’homme qui a mené la contestation jusqu‘à son incarcération fin mai. Au total, 176 personnes ont été placées en détention préventive depuis le début des manifestations. 120, dont Zefzafi lui-même, sont en passe d‘être jugées et risquent des peines allant jusqu‘à 18 mois de prison. Outre le développement de cette région enclavée, le mouvement réclame désormais la libération des détenus.

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