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L’Autriche ravive le débat régionaliste au Tyrol du Sud

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L’Autriche ravive le débat régionaliste au Tyrol du Sud

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A peine installée au pouvoir, la nouvelle coalition gouvernementale autrichienne a déjà provoqué un début de crise diplomatique avec l’Italie. Le contrat de gouvernement passé entre la droite conservatrice et l’extrême droite du FPÖ prévoit en autre d’accorder un passeport autrichien aux Italiens germanophones de la province du Trentin-Haut-Adige, une région autrichienne durant plusieurs siècles rattachée de force à l’Italie après la Première guerre mondiale.

La coalition gouvernementale a justifié ce projet au nom de la coopération transfrontalière afin de promouvoir « une union sans cesse plus étroite entre les citoyens des Etats membres » de l’Union européenne, mais Rome y a surtout vu une opération à caractère nationaliste susceptible d’enflammer une région peuplée majoritairement de germanophones.

Benedetto Della Vedova, le sous-secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères, a dénoncé "la marque du bras de fer ethno-nationaliste" tandis que le président du Parlement européen Antonio Tajani, un conservateur italien, a critiqué "une démarche velléitaire" alors que "l'Europe a mis fin à la saison des nationalismes".

Contexte catalan

Visiblement moins inquiet, le président de la province de Bolzano, Arno Kompatscher, a pour sa part préféré adopter un ton rassurant: "le FPÖ défend une politique nationaliste qui est exactement à l'opposé de nos idées. Nous sommes des Européens convaincus, et nous continuerons à jouer notre rôle: celui de charnière, de pont, de médiateur".

Sur place, le projet autrichien fait écho à de très vieilles revendications. Contactée par euronews, Eva Klotz, la présidente du petit parti pour la liberté du Tyrol du Sud rappelle s’être toujours battue pour demander la double nationalité (italienne et autrichienne) "parce que c’est un lien important avec notre patrie autrichienne ». « Il y a beaucoup de gens dans le Tyrol du Sud et le Trentin qui sont vraiment très fidèles à l'Autriche."

Bien que jouissant d’une certaine autonomie législative, administrative et financière, le sentiment nationaliste reste bien présent. La région a même été secouée dans les année 1950-1960 par des attentats perpétrés par un groupe d’ultra-nationalistes. Depuis, la lutte est désormais politique : l’audience des partis réclamant la sécession du Tyrol du Sud s’est d’ailleurs accrue ces dernières années.

Eva Klotz soutient un processus de sécession avec l’Italie mais seulement au terme d’un référendum en bonne et due forme avec les habitants du Tyrol du Sud. Elle envisage trois solutions : le statu quo, le rattachement à l’Autriche ou la création d’un nouvel Etat indépendant.

L’élue régionale fait spontanément le lien avec la situation en Catalogne et ne manque pas de critiquer la façon dont l’Union européenne a soutenu l’Espagne au détriment de la région indépendantiste.

Avec Agences