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Entre tradition et modernité, la culture russe en fête à Sotchi

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Entre tradition et modernité, la culture russe en fête à Sotchi

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Du classique au jazz, de Gogol au théâtre de marionnettes, la XIe édition du Festival international des arts d’hiver de Sotchi offre un large choix à un public averti, ce qui en fait une des grandes dates de l’agenda culturel russe.
L’ensemble des solistes de Moscou, dirigé par Yuri Bashmet, a ouvert le gala par l‘éternel Mozart. Comme une invitation à aller plus loin.

“C’est un festival de recherches, un festival de premières, un festival pour découvrir de nouveaux noms, un festival qui est aussi rempli de stars. Et il y a un volet éducatif, qui est très important aussi”, résume le directeur artistique du Festival, Yuri Bashmet.

Au concours de jeunes compositeurs, la tendance est contemporaine. On s’en aperçoit en écoutant par exemple un solo de balalaïka contrebasse. L’instrument de 8 kilos ne joue jamais les premiers rôles, mais Mikhail Dzyudze en a décidé autrement.

“Ce qui est unique, c’est que cet instrument n’a pas été créé pour réaliser des solos. Personne ne penserait à lui pour jouer un morceau de musique compliqué, encore moins accompagné d’un orchestre ! Au XXe siècle, c‘était inimaginable” explique le musicien Mikhail Dzyudze.

Chanteuse de jazz, l’Américaine Jane Monheit est venue à Sotchi pour rendre hommage à son idole absolue, Ella Fitzgerald.

“Le jazz est une musique merveilleuse parce qu’elle est autant traditionnelle et historique que moderne. Elle est tout cela en même temps.”

Historique et moderne : deux adjectifs qui peuvent également qualifier Mariage, une pièce créée par Nikolai Gogol en 1842. L’histoire d’une jeune mariée quittée par son fiancé juste avant la célébration.
Une pièce jouée à Sotchi par la troupe du Théâtre Lensoviet de Saint-Petersbourg et son metteur en scène, Youri Boutoussov.

Anna Kovalchuk, qui joue la mariée, pense que Gogol décrit la vie moderne quand la solitude devient un choix. Pour elle, les spectateurs se reconnaissent souvent dans l’histoire de son personnage : “La pièce parle du fait que les gens sont seuls et ne veulent pas s’unir avec une autre personne. Cette solitude, ce n’est pas “oh, je suis seule, il faut que je rencontre quelqu’un”, c’est intentionnel, c’est une solitude consciente. A notre époque, les gens ne se marient plus, les gens ne vivent qu‘égoïstement pour eux-mêmes. Un mariage ou une relation, c’est d’abord donner mais aujourd’hui personne ne veut plus donner. C’est exactement ce qu’a écrit Gogol.”

Heureusement le vrai amour inspire toujours. Le grand marionnettiste géorgien Rezo Gabriadze est venu à Sotchi avec son spectacle Ramona, le conte d’un amour aussi impossible qu’invraisemblable entre deux locomotives dans une gare d’URSS.

“Nous ne nous adressons pas aux enfants, mais bien aux adultes. C’est le mélange entre marionnettes et drame, le vrai drame, qui rend notre théâtre unique” souligne Leo Gabriadze, manager de la troupe de son illustre père.

Le XIe festival international des arts de Sotchi se termine dimanche.

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