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Quand Viktor Orban copie Nigel Farage

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Quand Viktor Orban copie Nigel Farage

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UKIP et Fidesz, même combat ? La dernière campagne de publicité anti-migrants du gouvernement hongrois a utilisé la même image que celle diffusée par le parti eurosceptique UKIP durant la campagne en faveur du Brexit au Royaume-Uni.

En 2016, Nigel Farage, l'ancien dirigeant de l'UKIP n'avait pas hésité à poser devant une affiche illustrant l'afflux de réfugiés en Europe. Avec ce slogan dévastateur : "L'Europe nous a laissé tomber".

La photo, elle, n'est pas nouvelle, elle a même fait le tour du monde.
Le cliché avait été pris par Jeff Mitchell, photographe de l'agence Getty, alors qu'il était en train de faire un reportage sur les migrants traversant la frontière croato-slovène au pic de la crise migratoire de 2015.

Au Royaume-Uni, l'affiche reproduisant la photo, et surtout son slogan, avait suscité un véritable tollé au motif qu'elle incitait à la haine et qu'elle enfreignait les lois raciales, selon un rapport du Guardian.

Le photographe s'en était d'ailleurs ému.

Deux ans plus tard, la photo vient donc de réapparaître en Hongrie affublée cette fois d'un panneau "Stop", pour dire non à l'immigration. Lundi, le gouvernement hongrois a diffusé cette affiche sur son compte Facebook officiel avec ce commentaire :

"La campagne d'information du gouvernement sur la migration entre dans sa nouvelle phase. Le gouvernement veut souligner le fait que les lignes directrices de l'ONU en matière de migration permettraient d'accroître l'immigration. Nous pensons que l'immigration représente un risque sérieux et qu'il faut donc y mettre un terme. Les annonces dans ce sujet seront diffusées jusqu'au 15 avril."

Selon Reuters, le premier ministre Viktor Orban a déclaré à la radio d'État que si la Hongrie devenait un "pays d'immigration", cela apporterait "la terreur" et que "les femmes et les filles ne seraient plus en sécurité et notre identité culturelle s'affaiblirait et s'évaporerait lentement".

Ce discours aux relents xénophobes est théoriquement punissable en vertu du droit hongrois. La peine peut même aller jusqu'à trois ans de prison si le discours incriminé est dirigé contre un membre (ou un membre présumé) d'un groupe national, ethnique, racial ou religieux.

Depuis 2000, plusieurs tentatives d'introduire une réglementation plus stricte en Hongrie ont échoué en raison de facteurs politiques ou parce qu'elles ont été jugées anticonstitutionnelles.

Euronews a sollicité les commentaires du gouvernement hongrois.