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Ghouta : arrivée imminente des enquêteurs internationaux

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Ghouta : arrivée imminente des enquêteurs internationaux

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L'Organisation internationale sur les armes chimiques (OIAC) a annoncé mardi l'envoi "sous peu" en Syrie d'une équipe pour enquêter sur une attaque chimique présumée imputée au régime de Bachar al-Assad qui se trouve en "état d'alerte" après les menaces d'une riposte militaire occidentale.

Les mises en garde de Donald Trump affirmant que les responsables de l'attaque présumée devraient "payer le prix fort" ont ravivé le spectre de frappes américaines en Syrie, qui pourraient donner lieu à une confrontation avec Moscou, l'allié indéfectible de Bachar al-Assad.

La Russie, dont les troupes sont sur le sol syrien, a d'ores et déjà prévenu qu'une intervention militaire américaine serait "très, très dangereuse".

Les enquêteurs se préparent

L'ambassadeur syrien à l'ONU, Bachar al-Jaafari, avait accusé lundi les Etats-Unis, la France et d'autres pays occidentaux de professer de fausses accusations contre Damas pour "ouvrir la voie à une attaque en Syrie".

Mardi, Damas a invité l'OIAC pour enquêter à Douma, dernier bastion rebelle dans la Ghouta orientale aux portes de Damas, où l'attaque chimique présumée aurait fait des dizaines de morts samedi.

"L'équipe se prépare à se déployer en Syrie sous peu", a répondu l'OIAC, un organisme dont le mandat est d'enquêter sur une attaque présumée mais qui n'a pas la responsabilité d'en identifier les responsables.

Selon des diplomates, l'envoi d'experts de l'OIAC en Syrie pourrait permettre à Damas de retarder d'éventuelles frappes.

Des décisions majeures très bientôt

Ces derniers jours ont été marqués par une frénésie diplomatique et mardi, Donald Trump a échangé avec la Première ministre britannique Theresa May.

Les deux dirigeants "sont tombés d'accord pour ne pas laisser l'usage d'armes chimiques se poursuivre", a indiqué la Maison Blanche. Le président américain avait déjà promis de répondre "avec force", prévoyant des décisions majeures "très bientôt".

La Maison Blanche a estimé que Damas ne pouvait mener à bien une telle attaque sans l'aide de ses alliés russe et iranien. Ces derniers accusent Washington de chercher un "prétexte" pour frapper le régime syrien.

En avril 2017, Donald Trump avait déjà fait bombarder une base militaire syrienne, en riposte à une attaque au gaz sarin imputée au régime, qui avait tué plus de 80 civils à Khan Cheikhoun (nord-ouest).

Lundi, le destroyer lance-missile USS Donald Cook a quitté le port chypriote de Larnaca, où il faisait escale, et se trouve dans une zone d'où il peut facilement frapper la Syrie.

L'armée syrienne en état d'alerte

C'est donc dans un contexte tendu que le Conseil de sécurité de l'ONU doit voter à 19H00 GMT sur deux projets rivaux de résolution.

Le premier, à l'initiative des Etats-Unis, est un texte créant un mécanisme d'enquête sur l'emploi d'armes chimiques en Syrie, mais il est fort probable qu'il se heurte à un véto russe. Le deuxième est un document évoqué plus tôt par le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, qui soutiendrait un déploiement de l'OIAC.

Face au risque d'attaques, l'armée syrienne a placé ses forces "en état d'alerte" pour les trois jours à venir dans les aéroports et les bases militaires du pays, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Cette mesure est généralement adoptée "en réaction à des menaces extérieures", a précisé le directeur de l'Observatoire, Rami Abdel Rahmane.

Avec AFP