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Le rap espagnol mobilisé pour défendre les artistes en prison

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Le rap espagnol mobilisé pour défendre les artistes en prison

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Trois rappeurs espagnols, Valtonyc, Hasél et La Insurgencia ont été récemment condamnés, ou risquent de l'être, à des peines de prison pour "apologie du terrorisme", "outrage à la Couronne", ou "menaces". Dans l'un des morceaux de Valtonyc, le Majorquain traîte les Bourbon (la famille royale espagnole) de "voleurs", et fustige ses relations avec la famille royale soudienne. "Comment puis-je soutenir deux familles, la mienne, et la famille royale" ? se demande t-il. Dans un autre morceau, il traîte les Royaux et les politiciens corrompus de "porcs" et chante "Puissent-ils avoir peur comme un Garde civil au Pays Basque"...

Evidemment, les juges de la Cour Suprême ne goûtent pas tellement ce genre d'humour. Les avocats du rappeur brandissent la liberté d'expression ; des personnalités catalanes ont aussi pris sa défense, estimant que lui aussi, comme les indépendantistes de Catalogne, avait vu ses droits fondamentaux bafoués par la justice espagnole.

Dernier soutien en date, et sans doute celui qui va le plus mobiliser la jeunesse, ce morceau (vidéo ci-dessous), "Los borbones son unos ladrones" (les Bourbon sont des voleurs) qui reprend directement les paroles de Valtonyc. Mobilisant une douzaine d'artistes espagnols, le clip a été tourné à Barcelone dans... une ancienne prison.

La chanson, sortie par le label catalan Propaganda Pel Fet, dénonce le "tournant répressif" de l'Etat espagnol. "No callarem" (On ne se taira pas), y entend-on aussi.

Il y a un mois, Amnesty International a dénoncé dans un rapport les attaques portées à la liberté d'expression par Madrid sous couvert de loi anti-terroriste.

Le rap, et c'est un autre argument de la défense de Valtonyc, a toujours été, depuis ses origines à la fin des années 70, une musique revendicative, irrévérencieuse, parfois violente. Dans le collimateur des MC, les gouvernants, les politiciens, la police restent des cibles de premier choix.