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"Ma première priorité : préparer des élections anticipées" (Pachinian)

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"Ma première priorité : préparer des élections anticipées" (Pachinian)

"Ma première priorité : préparer des élections anticipées" (Pachinian)
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Il semble que ce soit la fin de cette bataille politique et que vous en soyez le vainqueur. Comment vous sentez-vous ?

Nikol Pachinian, leader de l'opposition :
"Vous savez, je pense que le peuple est le gagnant, le peuple arménien qui soutient nos idées. Nous avons besoin de changements, nous avons besoin d'un nouveau gouvernement en Arménie."

Qu'allez-vous faire pour obtenir le soutien du Parti républicain (actuellement majoritaire au Parlement)?

"Je pense que c'est une question à l'ordre du jour du Parti républicain. Je pense qu'il devrait évaluer la situation, la situation politique en Arménie et en tirer la bonne conclusion."

Imaginons que mercredi matin, vous soyez le prochain Premier ministre arménien. Quelles seraient vos premières mesures, vos priorités ?

"Ma première priorité sera de préparer des élections anticipées vraiment libres, réellement légales et démocratiques en Arménie."

Quand devraient se tenir ces élections ?

"Nous pensons que nous devrions le faire dès que possible, mais nous comprenons aussi que nous devrions parvenir à une sorte de consensus avec d'autres partis politiques pour organiser ces élections."

Et si le Parti républicain disait non, nous n'allons pas vous soutenir, parce que nous ne croyons pas en vous. Qu'allez-vous faire, continuer à manifester ?

"Je pense que notre peuple n'accepterait aucune autre solution. Ils veulent voir leur candidat devenir le Premier ministre d'Arménie et cet objectif doit être atteint."

Avez-vous eu un contact avec le kremlin, avec Moscou?

"Nous avons rencontré la délégation parlementaire russe au sein de notre parlement. Nous avons eu des discussions très positives."

Propos recueillis par Apostolos Staikos, envoyé spécial à Erevan

Qui est Nikol Pachinian ?

A 42 ans, le leader de la contestation arménienne n'est pas un novice en politique. C'est en 2008 qu'il fait se fait un nom lorsqu'il participe aux premières contestations contre l'élection à la présidentielle de Serge Sarkissian, celui-là même qui finira par quitter le pouvoir il y a une semaine. A l'époque, le mouvement vire au drame. Les manifestations sont violemment réprimées. Bilan : dix morts.

Nikol Pachinian entre alors dans la clandestinité avant finalement de se rendre aux autorités. Condamné à sept ans d'emprisonnement, il sera finalement libéré en 2011 à la faveur d'une loi d'amnistie.

Véritable tribun, l'ancien journaliste est finalement élu député en 2017 après avoir fait campagne contre la pauvreté et la corruption. Avant même le début des dernières manifestations antigouvernementales, le leader et ses partisans avait organisé une marche de protestation sur près de 200 kilomètres entre Gioumri, deuxième ville du pays, et Erevan pour faire entendre sa voix.

Son arrestation, à la veille de la démission de Serge Sarkissian, le 23 avril dernier, va accentuer la colère de ses supporteurs.

C.Ga.