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Voiture bélier en Belgique : le conducteur suspecté d'"homicides involontaires"

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Par Euronews  avec AFP
Le roi Philippe et la princesse Elisabeth de Belgique rencontrent des secouristes et des familles après le drame survenu à Strépy-Bracquegnies, dimanche 20 mars 2022.
Le roi Philippe et la princesse Elisabeth de Belgique rencontrent des secouristes et des familles après le drame survenu à Strépy-Bracquegnies, dimanche 20 mars 2022.   -   Tous droits réservés  Photo : Olivier Matthys (AP)   -  

Il roulait trop vite et n'a pu éviter l'impact avec _"un mur humain" _: le conducteur qui a foncé dimanche dans une foule rassemblée au petit matin pour un carnaval en Belgique a été incarcéré mardi au surlendemain du drame qui a fait six morts et 39 blessés.

Paolo F., 34 ans, a été écroué après avoir été inculpé pour "homicides involontaires" et "coups et blessures involontaires", a annoncé le parquet de Mons (sud) lors d'une conférence de presse.

Son passager, son cousin Antonino F., 32 ans, avec lequel il rentrait de boîte de nuit au moment des faits, a été remis en liberté sous conditions après son inculpation pour "non assistance à personne en danger".

Il lui est notamment interdit d'entrer en contact avec Paolo ou des proches des victimes.

L'accident s'est produit dimanche peu avant 05h00 à Strépy-Bracquegnies, une section de la commune de La Louvière en Belgique francophone, quand une puissante BMW a heurté un groupe qui marchait sur la chaussée, pour le "ramassage" à domicile de personnes costumées, avant un défilé carnavalesque.

Le choc a été tellement violent qu'une victime a transpercé le pare-brise et atterri "dans l'habitacle", selon le parquet. Le conducteur, "en état de choc", ne s'est arrêté que plusieurs centaines de mètres plus loin.

Le bilan laissé derrière lui est lourd : six morts et 39 blessés, dont plusieurs étaient encore soignés à l'hôpital 48 heures plus tard. Dimanche, les autorités avaient fait état de dix personnes grièvement atteintes parmi les blessés.

En plein retour des carnavals d'avant Pâques, après une coupure de deux ans due à la pandémie de coronavirus, ce drame a bouleversé la Belgique et relancé le débat sur un supposé laxisme des autorités à l'égard des chauffards.

"Hurlements et coups sur la voiture"

Le conducteur avait déjà été privé de permis dans le passé. Il se vantait d'être un amateur de vitesse au volant, au point de se mettre en scène sur les réseaux sociaux.

Devant la juge d'instruction, dans la nuit de lundi à mardi, il a reconnu qu'il roulait à une vitesse excessive dimanche matin. Il l'a évaluée à 90 km/h dans une zone limitée à 50, a précisé le parquet.

Un temps évoquée, l'hypothèse de l'absence de freinage face au groupe de fêtards a toutefois été démentie.

"Une première analyse des images de vidéosurveillance permet de voir que les feux arrière du véhicule s'allument, ce qui indique qu'il y a eu freinage", a souligné à l'AFP Damien Verheyen, porte-parole du parquet.

De son côté, Frank Discepoli, avocat du conducteur, a expliqué que ce dernier s'était retrouvé subitement face à "un mur humain" tandis qu'il était en pleine discussion, "retourné" vers son passager, sur une route empruntée quotidiennement pour son travail de livreur. Les deux cousins sont originaires de La Louvière.

"En quelques secondes, il est face à un drame, le pare-brise explose, il est lui-même couvert de sang. Il ne voit rien, entend des hurlements, des coups sur son véhicule... Il n'imaginait pas à ce moment-là qu'il se retrouvait dans un carnaval", a déclaré Me Discepoli à la radio RTBF.

"Il reconnaît totalement son imprudence", mais "nous sommes dans un cadre totalement involontaire, c'est purement accidentel", a insisté l'avocat, alors que l'enquête avait été ouverte dimanche pour "meurtres", laissant envisager un acte délibéré.

Le chauffeur avait bu, mais l'éthylotest n'a montré qu'un faible dépassement de la limite autorisée : "0,29 mg par litre d'air expiré au lieu de 0,22", selon M. Verheyen. Il a aussi subi un test salivaire qui n'a pas révélé d'usage de stupéfiants, mais des analyses sanguines sont toujours en cours.

Un homicide involontaire peut valoir en Belgique jusqu'à cinq ans d'emprisonnement. Mais le parquet n'a pas exclu que la qualification puisse encore évoluer au cours de l'enquête.