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Le Nigeria dépassé par la terreur de Boko Haram


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Le Nigeria dépassé par la terreur de Boko Haram

Fondée en 2002, c’est depuis 2009 que la secte islamiste Boko Haram sème la terreur au Nigeria. Une terreur qui s’est dramatiquement intensifiée ces derniers mois. Sous le feu des extrémistes depuis début janvier, la ville de Baga, à l’extrême nord-est du pays, aurait été le théâtre d’un massacre sans précédent. Des images satellites diffusées ce jeudi par Amnesty International montrent qu’il ne reste quasiment rien de Baga et du village de Doron Baga après le passage des islamistes. Le bilan pourrait être de 2000 morts.

Et le groupe ne recule devant rien. Le 10 janvier, un attentat suicide a fait 20 morts et 18 blessés sur un marché bondé de Maiduguri. La kamikaze était une fillette de 10 ans, victime du recrutement forcé des femmes et des enfants par Boko Haram.

Les islamistes ne cessent de gagner du terrain. Il est quasi impossible de pénétrer dans la zone qu’ils contrôlent. Leurs attaques gagnent peu à peu les régions périphériques.

Qui sont ces hommes et que veulent-ils ? Boko Haram signifie “ l‘éducation occidentale est un péché”. S’ils se revendiquent du salafisme et des talibans afghans, leur fonctionnement est sectaire. Leur but : établir un califat dans le nord du Nigeria. Un islamisme radical, régi par la charia, où les femmes n’ont aucune valeur.

C’est en enlevant en avril 276 lycéennes de 12 à 17 ans que le groupe s’est fait connaître à l‘échelle mondiale. Converties de force, mariées ou vendues comme esclaves, les jeunes filles n’ont pas été revues depuis. Les familles n’ont plus foi en un gouvernement à qui la situation échappe totalement.

C’est bien là ce que veut démontrer Boko Haram en pleine campagne électorale à un mois de la présidentielle, où le président sortant, le chrétien du sud Goodluck Jonathan est donné au coude à coude avec l’ex-dictateur Muhammadu Buhari, musulman du nord.

Depuis 2009, l’insurrection de Boko Haram aurait fait plus de 13.000 morts selon Amnesty International et 1 million et demi de déplacés. Déstabilisés par un afflux massif de réfugiés, les pays voisins sont aussi confrontés aux velléités expansionnistes de la secte, qui multiplie les raids meurtriers au Cameroun.

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