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Irriguer mieux pour économiser l'eau


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Irriguer mieux pour économiser l'eau

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Dans le domaine agricole, peut-on produire plus tout en utilisant moins de ressources ? C’est tout l’enjeu du projet de recherche européen FIGARO (“Flexible and precise irrigation platform to improve farm scale water productivity”) mené, ici, à Bologne en Italie.

Une gestion durable de l’eau permet notamment d’assurer une production agricole de meilleure qualité. Selon la FAO – l’Organisation des Nations unies pour l’Alimentation et l’Agriculture -, 80 % de l’eau puisée au niveau de la planète sert à l’irrigation agricole. L’amélioration de la gestion de l’eau dans l’agriculture irriguée jouera donc un rôle clé afin de juguler la crise hydrique qui s’annonce.

Le point avec Adriano Battilani, agronome pour le consortium du Canal d‘Émilie-Romagne (Consorzio di bonifica per il Canale emiliano-romagnolo) et coordinateur scientifique du projet FIGARO :

“Avec ce projet, nous devons être en mesure de fournir aux agriculteurs toutes les informations dont ils auront besoin pour gérer l’eau avec une très grande précision. Par très grande précision, nous entendons une gestion extrêmement rigoureuse de l’eau, de la fertigation – c’est-à-dire de l’utilisation combinée d’eau et de nutriments – et de toute l’activité de production agricole à une échelle plus petite que celle du champ.”

L’enjeu de ce projet de recherche européen est de créer un système sophistiqué de gestion de l’irrigitation au niveau d’une exploitation, voire d’une culture en particulier. Un outil d’aide à la décision censé optimiser l’utilisation des ressources – en eau et en engrais, notamment – par les agriculteurs, selon Domenico Solimando, agronome pour le consortium du Canal d‘Émilie-Romagne :

“Un capteur mesure le niveau d’humidité du sol au fil du temps. La connaissance précise de la quantité d’eau présente dans le sol est déterminante, car elle nous permet d’identifier précisément le moment où l’on doit irriguer et la quantité d’eau nécessaire par chaque culture.”

Pour une irrigation ultra précise, l‘équipe de chercheurs a mis au point des instruments de mesure de l’humidité du sol, comme nous l’explique Gioele Chiari, agronome pour le consortium du Canal d‘Émilie-Romagne :

“Ces échantillons nous permettent d’observer plusieurs choses. Avec les données recueillies, nous pouvons, entre autres, affiner l‘étalonnage des capteurs. Nous savons ainsi quel est le taux d’humidité du sol et quelle est sa composition.”

Pour ce faire, un système de goutte-à-goutte a été installé au pied de chaque plante ainsi qu’une série de capteurs. Objectif : calibrer l’intensité de l’irrigation requise pour chaque type de culture. Le tout piloté par informatique.

Les informations ainsi recueillies viennent donc alimenter une vaste plateforme numérique au service d’une gestion optimale de l’eau. De quoi aider aussi le secteur agricole à relever un double défi : continuer à nourrir la planète tout en développant la production de biomasse.

Et Adriano Battilani de conclure :

“À l’avenir, l’agriculture produira de plus en plus de biomasse à des fins énergétiques. Nous allons passer d’une industrie chimique reposant sur le pétrole à une industrie fondée sur les cétones et le sucre. Dans quelques années, la culture de la tomate en tant qu’aliment – par exemple – pourrait devenir secondaire vis-à-vis de la production de biomasse. L’idée, c’est d’avoir une agriculture avec un produit double où la biomasse est pleinement valorisée. D’une part, on pourra extraire des cétones ou des composés phytochimiques plutôt que l’amidon et de l’autre, un produit que l’on pourra manger.”

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