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Pas d'unité nationale en France après l'attentat de Nice

Manuel Valls et l'exécutif sont critiqués en France sur leur gestion de la sécurité dans le pays, quelques jours après l'attentat de Nice qui a fait au moins 84 morts.

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Pas d'unité nationale en France après l'attentat de Nice

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Des huées, des cris, des appels à la démission : le Premier ministre français, Manuel Valls, et les représentants du gouvernement ont été chahutés à Nice lors de la minute de silence observée pour rendre hommage aux victimes de l’attentat de la Promenade des Anglais ce lundi.

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"Les sifflets et les insultes sont indignes dans une cérémonie de recueillement"

Manuel Valls Premier ministre français

L’unité nationale qu’avait connue la France après les attaques de Paris en janvier et en novembre dernier, a, cette fois, disparu.

“Les sifflets, les insultes sont indignes dans une cérémonie de recueillement”, a réagi Manuel Valls. “Elles sont indignes quand il y a un hommage aux victimes, au moment même où il y a encore des victimes qui luttent pour la vie”, a renchérit le chef du gouvernement.

84 personnes ont été tuées le 14 juillet sur la Promenade des Anglais, fauchées par Mohamed Lahouaiej Bouhlel au volant d’un camion. 300 autres ont été blessées.

D’après un sondage IFOP réalisé au lendemain de l’attentat de Nice et publié par le Figaro, un tiers seulement des Français fait confiance à l’exécutif face au terrorisme (33%).

“Je pense que leur solution, ce n’est pas la bonne. Qu’est-ce qu’ils ont fait jusqu‘à aujourd’hui pour qu’on se sente en sécurité ? Et pourtant, tous les six mois on va pleurer nos morts, que ce soit aujourd’hui à Nice, ou à Paris il n’y a pas très longtemps…”, réagit Antony Fernandez, un habitant de Nice.

Pour Francesco qui vit lui aussi dans la préfecture des Alpes-Maritimes, “les gens, en ce moment, disent tout ce qui leur passe par la tête. Le gouvernement ne peut pas contrôler toutes les personnes. C’est impossible. En Italie, c’est pareil. Un fou comme lui, c’est incontrôlable”.

L’exécutif français est sous le feu des critiques de l’opposition de droite et d’extrême droite à moins d’un an des élections présidentielles et législatives. Alain Juppé et Nicolas Sarkozy pour Les Républicains – dont la primaire aura lieu en novembre – sont particulièrement vindicatifs.

Les formations politiques devraient toutefois s’entendre ce mardi et ce mercredi au parlement pour prolonger une nouvelle fois l‘état d’urgence de trois mois, au terme de débats qui s’annoncent houleux à l’Assemblée nationale et au Sénat.