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UE-Turquie : l'accord sur les migrants à l'épreuve des tensions

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UE-Turquie : l'accord sur les migrants à l'épreuve des tensions

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Entre les appels à respecter l’Etat de droit en Turquie où a lieu une purge des institutions sans précédent (10.000 détentions provisoires et plus de 50.000 limogeages) et le souhait de voir Ankara jouer un rôle clé dans la crise migratoire, la diplomatie européenne est parfois à la peine. Ce mardi soir, sur la chaîne italienne Raï News 24, le président Erdogan n’a pas ménagé ses propos contre Bruxelles.

“Quand à Paris, un événement similaire se produit, que cinq ou six personnes meurent, tout le monde court là-bas et demande ce qui est arrivé et quel est l’auteur. Nous avons vécu un coup d’Etat contre la démocratie en Turquie, un coup d’Etat qui a causé la mort de 238 martyrs. Malheureusement, jusqu‘à présent, personne n’est venu nous rendre visite. Ni l’UE, ni le Conseil de l’Europe. Qu’ils viennent voir le Parlement turc, ils devraient venir, pour voir dans quel état il est. Notre Parlement a été bombardé, où sont-ils?”, interroge le chef de l’Etat turc Recep Tayyip Erdogan.

Entre-temps, ce mercredi, le Secrétaire général du Conseil de l’Europe Thorbjorn Jagland s’est rendu à Ankara, où il a évoqué “le besoin de nettoyer” les institutions en Turquie. “Je voudrais dire qu’il y a eu trop peu de compréhension de la part de l’Europe au sujet des défis que le putsch raté a créé pour les institutions démocratiques et l’Etat en Turquie”; précise-t-il.
Il en faudra peut-être davantage, cependant, pour apaiser les tensions entre l’UE et la Turquie, qui ont monté d’un cran depuis le putsch avorté.

Le «deal» turco-européen du 18 mars prévoit qu’Ankara aide à juguler les flux de migrants vers l’UE. En contrepartie, les négociations d’adhésion de la Turquie devaient s’accélérer, et les citoyens turcs, être pourvus de visas Schengen, avant la fin juin.
Ne voyant rien arriver, Ankara a exprimé son impatience et a même menacé de rompre l’accord.

“L’Europe ne devrait en aucun cas être victime de chantage, réagit le ministre allemand de l’Economie. Et nous devons tenir compte du fait qu’un pays qui envisage de ré-établir la peine de mort par la force ne peut que s‘éloigner radicalement de l’Europe et les négociations sur l’adhésion à l’UE deviennent dans ce cas inutiles” (parce que les affrontements de la peine de mort avec la Constitution européenne)

“Nous devons faire une distinction entre la politique intérieure d’Erdogan (…) et l’accord sur les réfugiés, nuance quant à lui l’eurodéputé Elmar Brok (CDU). Cet accord aide à lutter contre le trafic d‘êtres humains et contribue à soutenir les trois millions de réfugiés syriens qui vivent en Turquie depuis maintenant trois ans, permet de scolariser leurs enfants et de leur offrir des soins médicaux. Donc qu’il y-a-t-il de si critiquable à ce sujet?”

Outre la dégradation des relations turci-européennes, le coup d’Etat avorté en Turquie marque aussi une hausse du nombre de candidats à la traversée en mer Egée : il est passé d’une trentaine à une centaine de personnes par jour. Un chiffre, certes faible, relativement aux 1700 arrivées quotidiennes enregistrées il y a un an dans les îles grecques, mais qui a cependant décidé Athènes à réclamer ce mercredi “un plan B” à l’Union européenne… en cas d‘échec de l’accord sur les migrants.

Avec AFP

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