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#AskJuncker : trois jeunes "Youtubeurs" mettent Juncker sur le grill

#AskJuncker : trois jeunes "Youtubeurs" européens ont posé leurs questions, et les vôtres, à Jean-Claude Juncker sur euronews.

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#AskJuncker : trois jeunes "Youtubeurs" mettent Juncker sur le grill

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Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, est resté sous le feu des questions de trois jeunes “Youtubeurs” pendant une heure ce jeudi 14 septembre sur notre site internet et notre antenne TV.
L’Allemande Diana zur Löwen, le Belge Abdel en Vrai et le Tchèque Kovy ont 1,3 million d’abonnés à eux trois. Ils ont interrogé le patron de l’exécutif européen sur tous les domaines qui intéressaient leurs “followers”, notamment l’euroscepticisme, le Brexit, le référendum en Catalogne, les mauvaises relations avec la Turquie, les migrants, le voile islamique…

Sur l’euroscepticisme :

- J-C Juncker : “Le scepticisme est admis, il faut faire face aux arguments de ceux qui sont réticents (…) Mais il faut poser la question aux gens : préfèrent-ils vivre sur un continent divisé où les pays seraient divisés de façon dramatique, où la liberté de mouvement n’existerait pas, ou préféreraient-ils vivre dans cette Union européenne ? (…) Le sentiment d’appartenance ne peut être imposé par le haut. Il faut toujours expliquer que l’Union européenne est la réponse aux événements de la Seconde Guerre mondiale. Il s’agit de guerre et de paix comme c’est toujours le cas en Europe”.

Sur la question des réfugiés :

- J-C Juncker : “L’Europe doit rester une terre d’accueil pour ceux qui sont persécutés. Mais il faut renvoyer ceux qui n’ont pas le droit d’asile chez eux, pour permettre à ceux qui en ont vraiment besoin de venir. L’Union européenne et ses pays membres ont dépensé beaucoup d’argent pour l’intégration des réfugiés (…) La Commission plus de 10 milliards d’euros, l’Allemagne plus de 20 milliards. Enfin, la Commission est en train de réfléchir aux mesures qui pourront être appliquées à l’égard des pays qui n’appliquent pas les règles européennes”.

Vous dénoncez le manque de respect des droits de l’Homme en Turquie mais vous avez un accord sur les réfugiés

- J-C Juncker : “La Turquie ne reçoit pas de fonds de l’UE mais il y a un accord. L’argent qui arrive en Turquie n’est pas destiné au gouvernement turc (…) mais aux ONG”.

Pourquoi avoir si peu parlé du Brexit dans votre discours si c’est un sujet qui préoccupe les Européens ?

- J-C Juncker : “C’est un sujet qui devrait d’abord préoccuper les Britanniques, moins les Européens. Le Brexit, ce n’est pas l’avenir, c’est déjà un peu le passé”.

La Commission reconnaîtra-t-elle un “oui” éventuel au référendum en Catalogne ?

- J-C Juncker : “Nous allons suivre en les respectant les arrêts de la Cour constitutionnelle et du Parlement espagnols. Si un oui à l’indépendance de la Catalogne voyait le jour, nous respecterons ce choix mais la Catalogne ne pourra pas devenir le jour d’après membre de l’UE. Elle sera soumise à un processus d’adhésion comme l’ont été les Etats-membres qui nous ont rejoint après 2004”.

Avez-vous peur que l’Europe se fragmente ?

- J-C Juncker : “Je ne voudrais pas que les traditions régionales s’érigent en élément de fragmentation de l’Europe. Mais qui suis-je pour pouvoir donner un avis éclairé à ceux qui sont tentés par des aventures indépendantistes ?”.

Sur le voile islamique :

- J-C Juncker : “Si je n’aime pas la burqa, il faut saisir la justice et invoquer devant les juges européens le principe de non-discrimination pour éviter que les femmes musulmanes portant le voile ne soient considérées comme des femmes de seconde zone”.

Sur l’abattage rituel :

- J-C Juncker : “Le bien-être animal est une question importante pour moi, j’ai même été conseiller juridique de la Ligue internationale des droits de l’animal. Mais il faut respecter les traditions des communautés religieuses. La directive européenne sur le bien-être animal fait exception pour l’abattage rituel. Et si certains pays n’ont pas mis en place des structures pour permettre le libre exercice des cultes musulman ou juif, je vais réfléchir à cette question”.

Le pouvoir de Google, Apple, Amazon, Facebook, une menace ou une chance ?

- J-C Juncker : “Je vois là un grand risque si qui que ce soit, Google ou d’autres, dispose de toutes les données possibles et imaginables et détient des informations sur les citoyens que les Etats n’ont pas, et n’ont pas le droit d’avoir. Je vois un potentiel de manipulation contre lequel il faut se dresser (…) Il nous paraît important que ces entreprises mammouth payent les impôts qu’elles sont censées payer”.

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