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Législatives en Italie : résultats détaillés et conséquences

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Législatives en Italie : résultats détaillés et conséquences

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A l'heure actuelle, au lendemain de ses élections législatives, l'Italie est dans le flou pour savoir qui la dirigera. L'éditorial du quotidien La Repubblica ce matin résume bien la situation : "Le pays vit une instabilité permanente. L'ingouvernabilité est désormais une maladie endémique".

Le journal Il Tempo ose même : "C'est le bordel !".

Quelques certitudes se dégagent cependant :

- Le Mouvement 5 Etoiles, parti populiste dirigé par le jeune Luigi Di Maio, devient la première force politique italienne avec un score qui dépasse 30% des voix (environ 31% à la Chambre des députés comme au Sénat).

- L'alliance entre la droite de Forza Italia de Silvio Berlusconi, l'extrême droite de la Ligue menée par Matteo Salvini et le groupuscule néo-faschiste Fratelli d'Italia ("Frères d'Italie") prend la tête du scrutin avec environ 35% des suffrages.

- La gauche traditionnelle, le Parti démocrate de Matteo Renzi, s'effondre : moins de 20% des voix (19,5% à la Chambre des députés, 19,7% au Sénat), c'est le plus mauvais score du parti depuis sa naissance en 2007.

Comment vont se positionner ces différentes forces ?

Le Mouvement 5 Etoiles (M5S), bien que grand vainqueur des législatives, est toutefois un peu isolé. Son dirigeant, Luigi Di Maio, a déjà indiqué qu'il s'associerait avec tel ou tel au Parlement, au cas par cas s'il y a convergence d'idées. Une tactique plutôt légère pour gouverner. Dans les rangs du M5S règnent aussi l'indiscipline et l'amateurisme. Présent au Parlement depuis 2013, le mouvement a perdu pas mal d'élus au fil des années : de 109 députés au départ, il se retrouve avec 88; de 54 sénateurs, il est passé à 35. Tout simplement parce que certains ont été expulsés du mouvement, et d'autres ont préféré le quitter.

Les grands gagnants ci-dessous : Matteo Salvini à gauche, et Luigi Di Maio à droite.

Au sein de la coalition droite-extrême droite, c'est la Ligue de Matteo Salvini, anti-migrants et anti-Europe, qui se taille la part du lion avec 18,5% des suffrages dans les deux instances. Ses slogans très durs, "Les Italiens d'abord" ou "Stop à l'invasion", ont récupéré beaucoup de mécontents et eurosceptiques. L'Union européenne paye le débordement de migrants dans le pays : il en a reçu 690 000 depuis 2013.

L'ancien Premier ministre "refait à neuf", Silvio Berlusconi (en photo ci-dessus), qui se vantait au cours de la campagne de se transformer en rempart contre les populistes et les mouvements hostiles à l'Europe, a finalement raté son retour. Son parti Forza Italia ne remporte que 13,5% des voix à la Chambre et 14% au Sénat.

Le centre gauche au pouvoir a dû accuser le coup. "Il est clair que pour nous, il s'agit d'une défaite évidente", a seulement dit Maurizio Martina, du Parti démocrate, actuel ministre de l'Agriculture. Selon certaines sources, le patron du parti et ex-Premier ministre, Matteo Renzi, envisagerait de démissionner. Il l'avait exclu à priori mais ne pas franchir la barre psychologique des 20% ressemble pour lui à une condamnation.

Traduisez ci-dessus : "Le Parti démocrate s'écroule, Renzi en a été le croque-mort".

Conclusion : on est loin d'en avoir une !

La nouvelle loi électorale italienne étant particulièrement compliquée, mélangeant les scrutins proportionnel et majoritaire, il est impossible actuellement de présenter une composition fiable des deux chambres. Une fois que les résultats définitifs seront donnés, le président Sergio Mattarella aura du pain sur la planche. Les consultations politiques ne débuteront pas avant la fin du mois...et encore !