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"Pacifiste et joyeux" : le Convoi de la liberté se rapproche de Paris

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Par euronews & afp
A Lille, ce vendredi
A Lille, ce vendredi   -   Tous droits réservés  Michel Spingler/Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved   -  

Rouler vers Paris mais ensuite ? Partis en "convoi" sur les routes de France, plusieurs milliers d'opposants au pass vaccinal, inspirés par la contestation née au Canada, entendent rallier vendredi soir les abords de la capitale française.

"On est déterminés, mais sans agressivité", "On est ensemble, c'est magnifique!", commente sous les klaxons et les drapeaux français au vent, Olivier, un participant breton, au moment de s'élancer depuis Brest au volant de sa voiture.

Depuis mercredi, ces premiers "convois de la liberté" français sont partis en voiture, camping-car ou covoiturage de Nice, Bayonne ou encore de Perpignan et ont continué à se mettre en marche vendredi matin des villes les plus proches de Paris.

Si les gens veulent manifester normalement, ils pourront le faire. S'ils veulent bloquer la circulation, on interviendra
Gérald Darmanin
Ministre français de l'Intérieur

Le mouvement, initié depuis une semaine sur les réseaux sociaux, se présente comme "l'étape d'après" les manifestations de rue anti-gouvernementales, des "gilets jaunes" et plus récemment des opposants au pass sanitaire, sur le modèle des convois de manifestants anti-mesures sanitaires qui bloquent des axes frontaliers majeurs entre le Canada et les Etats-Unis depuis plusieurs jours et menacent l'économie.

A Ottawa, la capitale canadienne, les "Freedom Convoys" ont paralysé la ville et forcé le Premier ministre Justin Trudeau à mettre la cité en état d'urgence.

"Chienlit"

"Si les gens veulent manifester normalement, ils pourront le faire. S'ils veulent bloquer la circulation, on interviendra", a averti jeudi soir le ministre de l'Intérieur Gerald Darmanin sur la chaîne de télévision LCI. "Ce n'est pas la chienlit, la République française", a lancé M. Darmanin.

Réfutant toute tentative de blocage, les participants espèrent converger dans la soirée vers Paris, y passer la nuit chacun comme il peut, puis participer samedi aux différents cortèges hebdomadaires contre le pass vaccinal organisés dans la capitale.

Certains vont ensuite tenter de rallier Bruxelles pour une "convergence européenne" prévue le lundi 14 février. Les autorités belges ont toutefois décidé de leur interdire l'accès de la capitale, faute d'en avoir fait la demande.

A Paris, la préfecture de police de Paris a également décrété jeudi une interdiction de cette mobilisation pour "risques de troubles à l'ordre public".

Un "dispositif spécifique", notamment composé de "task forces" et d'engins d'enlèvement doit être mis en place pour "pour empêcher les blocages d'axes routiers, verbaliser et interpeller les contrevenants", qui "encourent six mois de prison et 7500 euros d'amende", a insisté la préfecture.

A Paris, le préfet de police Didier Lallement a "créé un certain nombre de fourrières provisoires qui nous permettront avec plusieurs dizaines de véhicules de remorquage de mettre fin à tout blocage (...) le dispositif est prêt, il sera ferme et nous ferons en sorte que la liberté de circulation puisse s'exercer", a-t-il déclaré devant la presse.

Des véhicules blindés de la gendarmerie ont été déployés dans la capitale vendredi après-midi, pour la première fois depuis fin 2018 au plus fort de la mobilisation des "gilets jaunes".  

"J'en appelle au plus grand calme"
Emmanuel Macron
président de la République française

"Nous sommes tous collectivement fatigués par ce que nous vivons depuis deux ans. Cette fatigue s'exprime de plusieurs manières: par du désarroi chez les uns, de la dépression chez d'autres. On voit une souffrance mentale très forte, chez nos jeunes et moins jeunes. Et parfois, cette fatigue se traduit aussi par de la colère. Je l'entends et la respecte", souligne le chef de l'Etat français dans un entretien au quotidien Ouest-France. "_Mai_s, ajoute-t-il, j'en appelle au plus grand calme".  

"Pacifistes et joyeux"

Dans l'esprit de convivialité et de lien social qui avaient marqué le début du mouvement des "gilets jaunes" autour des ronds-points en 2018, plusieurs convois ont passé la nuit dans des haltes ou chez des particuliers ayant ouvert leur logement ou parking.

Appel National, Partager c'est important

Posted by Rémi Monde on Friday, February 11, 2022

"Ces premiers départs donnent beaucoup d'espoir, ça remplit le cœur et c'est l'objectif de ce mouvement, mettre en place une chaîne de solidarité active, de l'hébergement aux paniers repas", a commenté auprès de l'AFP, l'un des initiateurs du mouvement, sous le pseudo de Rémi Monde.

Nous voulons essayer autre chose, et voir quelle sera la réponse du gouvernement face à des gens pacifistes et joyeux
Rémi Monde
Coordinateur du "Convoi de la Liberté"

Au premier plan des revendications des participants : "le retrait (...) du pass et de toutes les mesures de contrainte ou de pression liées à la vaccination", en plus de mesures sur le pouvoir d'achat ou le coût de l'énergie.

"Nous avons manifesté, et nous pouvons continuer mais nous voyons que ça ne mène qu'à la confrontation, à la répression et à la violence", a expliqué à l'AFP l'initiateur, "nous voulons essayer autre chose, et voir quelle sera la réponse du gouvernement face à des gens pacifistes et joyeux".

Plusieurs candidats à la présidentielle ont apporté leur soutien à ce mouvement, dont Marine Le Pen, Eric Zemmour (extrême droite) ou encore le parti de gauche radicale La France insoumise (LFI) qui a "encouragé" ses militants qui le souhaitent à se joindre à ce mouvement.