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"Convoi de la Liberté" : sur le modèle canadien, les routiers veulent bloquer Paris ce samedi

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Par Maxime Biosse Duplan  & euronews / AFP
Devant les bureaux du Premier ministre canadien à Ottawa le 5 février dernier, après plus d'une semaine de blocage de la capitale du pays
Devant les bureaux du Premier ministre canadien à Ottawa le 5 février dernier, après plus d'une semaine de blocage de la capitale du pays   -   Tous droits réservés  Justin Tang/AP

Des milliers d'opposants au pass vaccinal annoncent sur les réseaux sociaux vouloir "rouler sur Paris" samedi dans le cadre d'une action citoyenne baptisée "convois de la liberté", inspirée de celle des routiers canadiens.

Dans les groupes Facebook et Telegram "Convoy France officiel", qui regroupaient chacun environ 23 000 membres lundi, ces militants tentent d'organiser une action nationale d'ampleur pour "le respect des libertés et des droits fondamentaux".

Six "convois" de co-voiturage ou de particuliers à bord de leur propre véhicule sont annoncés dès mercredi au départ notamment de Bayonne, Nice, Strasbourg ou encore Cherbourg.

Ces manifestants entendent rallier Paris vendredi dans la soirée, sans qu'aucun lieu précis de regroupement ne soit mentionné. Certains appellent ensuite à rejoindre Bruxelles pour une "convergence européenne" le lundi 14 février.

Comme au Canada, ces routiers entendent protester contre le pass vaccinal et militer pour la "défense des libertés", qui reste l'argument privilégié des antivax outre-Atlantique et en Europe.

Action de blocage ?

"Chacun est libre", mais Convoy France n'appelle pas directement à une action de regroupement ou de blocage, a insisté dimanche dans un tchat vidéo Marisa, porte-parole de ce nouveau mouvement.

"Cette initiative est prise au sérieux par les autorités", a indiqué une source policière qui annonce "des dispositifs de vigilance".

"L'évaluation de la menace potentielle fait cependant encore l'objet d'analyses par les services de renseignement, compte tenu du contexte électoral et de la volonté de jouer le mimétisme avec le mouvement canadien", a ajouté cette source.

Lundi matin, un premier convoi d'une trentaine de manifestants qui tentait de rejoindre la capitale à bord de leurs véhicules a été intercepté entre l'Essonne et la Seine-et-Marne "dans le calme", par les forces de l'ordre.

Sur les tchats consultés par l'AFP quelques messages mentionnaient des actions possibles, notamment sur le périphérique parisien.

Mais la majorité des participants proposaient plutôt des moments de convivialité à travers une distribution de repas ou de l'hébergement sur la route.

Au Canada, pro-Trump, Québécois, extrême droite et gauche radicale

Au Canada, un mouvement de contestation initié par des camionneurs, pour qui le vaccin est obligatoire afin de traverser la frontière avec les États-Unis, paralyse depuis plus d'une semaine la capitale Ottawa, où l'état d'urgence vient d'être décrété.

Dans les convois arrivant à Ottawa ces derniers jours, de nombreux observateurs ont relevé la présence de drapeaux américains confédérés, de bannières pro-Trump, ou même de drapeaux nazis. Un mélange détonnant qui inclut aussi des membres du mouvement libertaire Anonymous et des complotistes de tous bords.

En France, la plupart des participants à cette déclinaison française du mouvement sont proches des mobilisations des "gilets jaunes" et veulent trouver "une nouvelle manière d'exprimer leur ras-le-bol général", au-delà des manifestations locales, a indiqué à l'AFP un organisateur qui a requis l'anonymat.

Mais il ne s'agit pas que d'une mobilisation des chauffeurs routiers, a insisté cette source.

Deux syndicats du secteur du transport routier, FO et la CFTC ont confirmé à l'AFP n'être aucunement associés à ce mouvement.

Mais une différence fondamentale tient aux conditions très différentes dans lesquelles s'exerce le métier de routier au Canada et en France. Au Canada, les routiers sont indépendants et propriétaires de leur camion. En France, salarié d'une entreprise de transports, le chauffeur, s'il participe à des troubles à l'ordre public, risque un licenciement et / ou un retrait de permis...