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L'armée ukrainienne a repris Lyman, dans une des régions annexées par Moscou

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Par Euronews  avec AFP
Le drapeau ukrainien flotte de nouveau dans les localités reprises aux forces russes.
Le drapeau ukrainien flotte de nouveau dans les localités reprises aux forces russes.   -   Tous droits réservés  JUAN BARRETO/AFP or licensors   -  

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a affirmé dimanche que la ville de Lyman, un important nœud ferroviaire dans la région annexée de Donetsk par Moscou, était entièrement sous contrôle de l'armée ukrainienne, au lendemain du retrait annoncé des troupes russes.

"A partir de 12h30 locales (09h30GMT), Lyman est totalement débarrassée (de l'armée russe). Merci à nos militaires", s'est-il félicité dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux.

Après l'entrée de l'armée ukrainienne dans la ville samedi,le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait assuré que la semaine prochaine, "de nouveaux drapeaux ukrainiens flotteront sur le Donbass", où se trouve la région de Donetsk.

Puis il avait lancé, s'adressant aux soldats et aux responsables russes et évoquant le président russe Vladimir Poutine: "Tant que vous tous n'aurez pas résolu le problème de celui qui a tout commencé, qui a déclenché cette guerre insensée contre l'Ukraine, vous serez tués un par un, devenant des boucs émissaires, parce que vous n'admettez pas que cette guerre est une erreur historique pour la Russie".

La prise de Lyman avait été annoncée samedi en milieu d'après-midi: "Les forces d'assaut aériennes ukrainiennes entrent dans Lyman, dans la région de Donetsk", a indiqué sur Twitter le ministère ukrainien de la Défense.

Dans une vidéo d'une minute qui accompagne le message, on aperçoit deux soldats ukrainiens agiter puis accrocher le drapeau national bleu clair et jaune à côté du panneau "Lyman", à l'entrée de la ville.

"Menacées de se faire encercler, les troupes alliées ont été retirées de Lyman vers des lignes plus favorables", a de son côté indiqué dans un communiqué le ministère russe de la Défense.

Un peu plus tôt samedi, l'armée ukrainienne avait affirmé avoir "encerclé" plusieurs milliers de soldats russes dans cette ville de la région de Donetsk, annexée vendredi par la Russie.

Réagissant au retrait russe de la ville, le dirigeant de la république russe de Tchétchénie, Ramzan Kadyrov, a dénoncé le "népotisme" régnant dans l'armée russe et appelé Moscou à utiliser "des armes nucléaires de faible puissance" en Ukraine, sans tenir "compte de la communauté occidento-américaine".

Cour internationale de justice

A la suite de l'annexion de quatre régions ukrainiennes par Moscou, Kyiv a annoncé saisir la Cour internationale de justice (CIJ), l'exhortant "à se saisir du dossier le plus vite possible".

Vendredi soir, Vladimir Poutine avait de son côté conclu une journée de cérémonies pour l'annexion des territoires ukrainiens.

"La victoire sera à nous", avait-il lancé, micro en main, devant plusieurs milliers de personnes réunies pour un concert sur la place Rouge à Moscou.

Le conseiller à la présidence ukrainienne Mykhaïlo Podolyak a raillé samedi sur Twitter: "Il y a 20 heures sur la place Rouge, les dirigeants russes chantaient "hourra" à cause de l'annexion de nouveaux territoires. (...) La réalité peut faire mal quand vous vivez dans un monde imaginaire".

Les dirigeants des pays de l'Union européenne ont publié vendredi une déclaration "rejetant" et "condamnant" l'"annexion illégale" des quatre régions ukrainiennes.

Ces annexions rendent "beaucoup plus difficile, impossible, presque, la fin de la guerre", a estimé samedi le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell, appelant l'Europe à renforcer son arsenal militaire, "c'est nécessaire, indispensable pour la survie".

"La Russie est en train de perdre" la guerre, "elle l'a perdue en termes moraux et politiques", mais "l'Ukraine n'a pas encore gagné", a-t-il jugé.

L'Otan a dénoncé une annexion "illégitime", tandis qu'à New York le Conseil de sécurité de l'ONU a examiné une résolution condamnant les "pseudo-annexions" en Ukraine, qui a immédiatement été bloquée par un veto de la Russie.

Le président américain Joe Biden a juré que les Etats-Unis et leurs alliés ne se laisseraient pas "intimider" par M. Poutine.

Des dizaines de civils tués

Sur le terrain, 24 civils dont 13 enfants ont été retrouvés morts, tués par balles dans leurs voitures près de Koupiansk, dans le nord-est de l'Ukraine, a indiqué samedi le gouverneur de la région Kharkiv, Oleg Synegoubov. L'AFP avait vu au moins 11 personnes sans vie vendredi sur le site.

Et selon Oleksandr Starukh, chef de l'administration militaire de la région de Zaporijjia, le bilan de la frappe ayant visé vendredi une file de voitures dans le centre de transit de cette ville du sud de l'Ukraine est passé à 31 morts (30 civils et un policier) avec le décès d'une femme blessée.

L'Ukraine a condamné d'autre part la "détention illégale" du directeur général de la centrale nucléaire de Zaporijjia, Igor Mourachov, arrêté pour une raison encore inconnue vendredi par la Russie qui contrôle le site.

Selon l'opérateur nucléaire ukrainien Energoatom, M. Mourachov a été interpellé par une "patrouille russe" vers 16h00 (13h00 GMT) alors qu'il se rendait depuis la centrale vers la ville d'Ernogodar, contrôlée par les Russes.

En Allemagne, un porte-parole de la société exploitant le gazoduc Nord Stream 2 reliant la Russie à l'Allemagne a indiqué à l'AFP que celui-ci ne fuyait plus sous la mer Baltique.

Les infrastructures Nord Stream 1 et 2, construites pour acheminer le gaz russe en Europe, ont été endommagées par des explosions sous-marines au large d'une île danoise en mer Baltique lundi, provoquant de vastes bouillonnements.

Par ailleurs, la ministre allemande de la Défense Christine Lambrecht a effectué samedi une visite surprise en Ukraine, sa première depuis le début de l'invasion russe.

Mme Lambrecht s'est rendue dans la ville portuaire d'Odessa, dans le sud de l'Ukraine, où elle a notamment rencontré son homologue ukrainien Oleksiï Reznikov.

Les dirigeants ukrainiens réclament depuis plusieurs semaines au gouvernement allemand d'autoriser la livraison de chars de combat modernes susceptibles de faire la différence face aux troupes russes.