Les agriculteurs européens inquiets par la flambée du prix des engrais

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Par Grégoire Lory
Les agriculteurs européens inquiets par la flambée du prix des engrais
Tous droits réservés  Gregoire Lory, Euronews

Laurent Gomand est un agriculteur inquiet. A la tête de sa ferme familiale en Belgique il suit avec préoccupation les conséquences de la guerre en Ukraine. A court terme ce n'est pas l'élevage de ses 250 vaches et 600 chèvres qui est menacé. Il craint en revanche pour sa production de céréales, de maïs, de betteraves ou encore de pommes de terre. En quelques semaines le prix desengrais a flambé.

"Les engrais, qu'on payait entre 150 et 200 euros (la tonne) il y a un an, maintenant ils sont à 800 euros. C'est un coût qui est absolument exorbitant. Et en plus il y a une pénurie", s’inquiète-t-il.

La Russie est en effet un acteur incontournable sur ce marché. Le pays était l'année dernière le premier exportateur d'engrais azotés et le deuxième fournisseur d'engrais potassiques et phosphorés, selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

Pour les agriculteurs c'est un cercle vicieux qui s'enclenche et qui affecte les exploitations et au bout du compte les consommateurs.

"Tout d'abord il y aura un impact financier direct sur nos finances à nous puisqu'on a des coûts de production qui sont bien plus importants. Maintenant, si on ne met pas la quantité d'engrais appropriée aux cultures il y a une chute de la production. Donc c'est une cascade quelque part : moins d'engrais, moins de production", résume Laurent Gomand.

Ces difficultés sur l'accès aux fertilisants menacent l'équilibre économique des exploitations agricoles qui ne peuvent pas se projeter sur les mois à venir.

Xavier Lejeune/ EC - Audiovisual Service
La production agricole risque d'être menacée par la pénurie d'engraisXavier Lejeune/ EC - Audiovisual Service

L'UE étudie les moyens d'amortir l'impact du conflit pour le secteur. Les 27 ministres en charge de l'Agriculture se sont ainsi retrouvés lundi à Bruxelles. La Commission européenne devrait de son côté présenter mercredi ses propositions pour aider les producteurs.