This content is not available in your region

Guerre en Ukraine et flambée des prix : l'inquiétude de 2 agriculteurs français

Access to the comments Discussion
Par euronews  avec AFP, AP
euronews_icons_loading
Elevage bovin à Pruillé-le-Chétif (Sarthe), le 18/03/2022 - capture d'écran d'une vidéo AP
Elevage bovin à Pruillé-le-Chétif (Sarthe), le 18/03/2022 - capture d'écran d'une vidéo AP   -   Tous droits réservés  AP Photo

La guerre en Ukraine et les sanctions contre la Russie perturbent de nombreux secteurs économiques. C'est le cas de l'agriculture. Reportage auprès de 2 agriculteurs dans l'ouest de la France.

La guerre en Ukraine se fait sentir jusqu'ici dans l'ouest de la France.

Nous sommes à Pruillé-Le Chétif, commune à quelques kilomètres du Mans. C'est là qu'Isabelle Leballeur et son mari gèrent une exploitation agricole (élevage de porc et de volailles).

Ici, les animaux sont nourris avec des grains (blé, maïs, colza). Or les prix de ces matières premières se sont envolés, à cause de la guerre en Ukraine, des sanctions contre la Russie et des incertitudes économiques...

"Aujourd'hui, l'impact pour nos exploitations est direct", explique Isabelle. D'un côté, ajoute-t-elle, il y a "le prix auquel on est capable de vendre - qui n'a quasiment pas bougé -, et de l'autre, le prix de revient de nos animaux - qui a augmenté de 50% du fait de l'augmentation des prix des grains et des matières premières". "C'est tout juste insupportable !" lâche-t-elle.

"Les moyens d'une agriculture forte"

A quelques kilomètres de là, nous voici à Chemiré-le-Gaudin, dans l'exploitation de Philippe Dutertre, éleveur céréalier. Lui aussi s'inquiète de l'impact du conflit en Ukraine dans le monde agricole.

Selon lui, cette crise devrait nous amener à garantir une meilleure sécurité alimentaire.

J'espère que l'Europe et les gouvernements souhaiteront garder une agriculture forte pour conserver les moyens de produire notre nourriture, nourrir notre population.
Philippe Dutertre
éleveur céréalier

Rouvrir les négociations commerciales

Pour tenter de maîtriser la flambée des prix de l'alimentation, le gouvernement français a récemment proposé de rouvrir les négociations commerciales entre les distributeurs et les industriels de l'agro-alimentation.

Chaque année, ces négociations commerciales permettent de déterminer le prix de nombreux produits vendus par les industriels aux grandes surfaces, résultat d'une âpre lutte avec les distributeurs.

La tension était encore plus importante cette année en raison de l'inflation du coût des matières premières agricoles d'une part et des coûts industriels (énergie, emballages, transport) d'autre part.

Le gouvernement avait finalement annoncé que le prix des produits alimentaires payés aux industriels allait augmenter de l'ordre de 3% en France en 2022, une première depuis 2014.

Or les négociations se sont largement tenues avant le déclenchement de l'invasion de l'Ukraine par la Russie le 24 février, et pour Dominique Chargé, représentant des 2 200 coopératives agricoles françaises, la réouverture des discussions relevait de la "nécessité absolue".