Politique migratoire : Viktor Orbán défie une nouvelle fois l'Union Européenne

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Par Euronews
Viktor Orban au sommet du Partenariat oriental à Bruxelles, mercredi 15 décembre 2021.
Viktor Orban au sommet du Partenariat oriental à Bruxelles, mercredi 15 décembre 2021.   -   Tous droits réservés  Johanna Geron/AP

"Même si la Cour européenne nous a demandé de le modifier, nous ne le ferons pas et nous ne laisserons personne entrer". Lors de sa conférence de presse annuelle, le premier ministre hongrois a une nouvelle fois défié Bruxelles.

Bien que la Hongrie ait été condamnée par la Cour de Justice européenne - la cour suprême de l'Union - Viktor Orbán a annoncé qu'il ne modifierait pas sa politique migratoire. "Le gouvernement a examiné nos options et nous avons décidé que nous ne ferions rien pour changer la façon dont la frontière est protégée. Autrement dit, nous maintiendrons exactement l'ordre que nous avons mis en oeuvre jusqu'à présent", a-t-il déclaré.

Depuis un an, la Hongrie a été plusieurs fois épinglée par la Cour de justice pour non-respect du droit européen, notamment pour avoir empêché à de nombreux migrants l'entrée sur son territoire et pour les détenir dans des "zones de transit" le long de la frontière avec la Serbie.

Le mois dernier, la Cour de justice a estimé que la loi hongroise dite "Stop Soros" datant de 2018 était contraire au droit européen. Elle empêche notamment des migrants de faire une demande d'asile s'ils viennent d'un pays où leur vie n'est pas menacée et fait du soutien aux exilés une infraction pénale.

Sanctions financières

En refusant de se conformer à la décision de Cour européenne, la Hongrie s'expose à de très lourdes amendes. Le pays fait déjà l'objet de sanctions financières, qui lui ont fait perdre plusieurs milliards d'euros de fonds européens.

La Commission européenne a notamment retenu 7,2 milliards d'euros de fonds de relance post-Covid 19 destinés à la Hongrie en raison de ce qu'elle considère comme des mesures anti-corruption inadéquates dans le plan de dépenses du pays.

Viktor Orbán - qui se représentera au printemps prochain dans ce qui devrait être l'élection la plus serrée depuis son arrivée au pouvoir en 2010 - a qualifié la rétention des fonds de relance de "chantage politique" et de "sabotage brutal", et a déclaré que l'UE n'avait "aucun droit" de geler l'argent dû à la Hongrie.

En visite mi-décembre à Budapest, le président français Emmanuel Macron avait estimé que le gouvernement Orbán "avait la volonté assumée de ne pas avancer" sur ces questions avant les législatives d'avril 2022, et donc que l'UE n'effectuerait "pas de versement" des fonds d'ici cette date