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Ukraine : réunion tendue à l'Onu entre Moscou et Washington mais dialogue maintenu

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Par Euronews  avec AFP
L'ambassadeur russe à l'ONU, Vasily Nebenzya, s'adressant au Conseil de sécurité des Nations unies, avant un vote, lundi 31 janvier 2022.
L'ambassadeur russe à l'ONU, Vasily Nebenzya, s'adressant au Conseil de sécurité des Nations unies, avant un vote, lundi 31 janvier 2022.   -   Tous droits réservés  Photo : Richard Drew (Copyright 2021 The Associated Press. All rights reserved.)   -  

La Russie et les Etats-Unis se sont déchirés lundi au Conseil de sécurité de l'Onu au sujet des troupes massées par Moscou près de l'Ukraine, tandis que les Occidentaux menacent désormais les oligarques russes de leur faire payer toute escalade militaire.

"Nous sommes prêts quoi qu'il arrive"

Les Etats-Unis "continuent à appeler à la diplomatie" pour résoudre la crise autour de l'Ukraine, mais "nous sommes prêts quoi qu'il arrive", a averti lundi le président américain Joe Biden.

A la veille d'un appel téléphonique crucial entre le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken et son homologue russe Sergueï Lavrov, prévu mardi pour déterminer la suite à donner à cette crise à hauts risques, Washington a annoncé mardi soir avoir reçu une nouvelle "réponse écrite" de Moscou après un premier échange de courriers. La teneur n'a pas été dévoilée.

La réunion a tourné à l'affrontement

Plus tôt, la session du Conseil de sécurité s'est tenue à la demande des Etats-Unis, et contre la volonté de la Russie. Dix des 15 membres du Conseil ont voté en faveur de cette réunion qui, loin de montrer un semblant d'apaisement, a tourné à l'affrontement ouvert.

L'ambassadeur de Russie aux Nations unies, Vassily Nebenzia, a accusé Washington de chercher à "créer l'hystérie" et à "tromper la communauté internationale" avec des "accusations infondées".

Et il s'est fait un plaisir de renvoyer les Etats-Unis à l'un des chapitres les plus embarrassants de leur histoire diplomatique et militaire récente.

"Nous veillerons à ce que ceux qui partagent la responsabilité de l'action agressive et déstabilisatrice du Kremlin supportent un lourd tribut"
Liz Truss
Cheffe de la diplomatie britannique

Vassily Nebenzia a ainsi rappelé qu'avant l'invasion de l'Irak en 2003, Washington avait bien assuré avoir des preuves d'armes de destruction massive dans ce pays, qui n'ont jamais été trouvées.

Son homologue américaine Linda Thomas-Greenfield a estimé de son côté que le déploiement de plus de 100 000 militaires russes autour de l'Ukraine menaçait "la sécurité internationale". Assurant détenir des "preuves", elle a accusé Moscou de vouloir déployer début février plus de 30 000 militaires supplémentaires au Bélarus, dont le régime est très proche du Kremlin.

Taper au portefeuille le premier cercle et les proches du Kremlin

Parallèlement, les manœuvres diplomatiques continuent, tout comme les préparatifs de sanctions.

Les Etats-Unis comme le Royaume-Uni - qui est l'un des terrains d'investissement favoris des grandes fortunes russes - ont dit lundi vouloir taper au portefeuille le premier cercle et les proches du Kremlin.

Washington a préparé des "dispositifs de sanctions spécifiques contre des membres de l'élite russe et leurs familles" si jamais la Russie attaquait l'Ukraine, a dit lundi la porte-parole de la Maison Blanche Jen Psaki.

Elle a souligné que les oligarques étaient "des cibles particulièrement vulnérables" à des sanctions en raison de leurs liens financiers très étroits avec des pays occidentaux.

A Londres, le gouvernement va durcir son régime de sanctions.

"Nous veillerons à ce que ceux qui partagent la responsabilité de l'action agressive et déstabilisatrice du Kremlin supportent un lourd tribut", a averti la cheffe de la diplomatie britannique, Liz Truss.

Ils risqueront le gel de leurs avoirs au Royaume-Uni et l'impossibilité d'entrer sur son territoire. Il sera également impossible pour une entreprise ou un individu au Royaume-Uni d'effectuer des transactions avec eux.

Moscou a déjà promis une "riposte".

Vladimir Poutine veut des "garanties de sécurité" pour son pays

Sur le front de la diplomatie, les présidents russe et français Vladimir Poutine et Emmanuel Macron se sont entretenus lundi par téléphone pour la seconde fois en quatre jours.

Vladimir Poutine a redit qu'il voulait des "garanties de sécurité" pour son pays.

Moscou réclame que l'Otan ferme sa porte à tout nouveau pays membre venu d'Europe de l'Est, et en particulier à l'Ukraine, une demande jugée inacceptable par les Occidentaux car elle équivaut à reconnaître à la Russie sa sphère d'influence réservée.

Cette demande-clé a été rejetée par les Etats-Unis dans une réponse écrite à Moscou. Le Kremlin a indiqué réfléchir à sa réaction.

Antony Blinken et Sergueï Lavrov doivent donc en parler mardi.

Sur le front militaire, les mouvements se poursuivent également. Plusieurs pays occidentaux ont annoncé ces derniers jours l'envoi de nouveaux contingents en Europe orientale.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson va proposer cette semaine à l'Otan un déploiement de troupes pour répondre à la montée de "l'hostilité russe" envers l'Ukraine.

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, son homologue allemande Annalena Baerbock ainsi que le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki sont attendus de leur côté cette semaine à Kiev.

La ministre canadienne de la Défense Anita Anand, dont le pays fournit une assistance militaire à l'Ukraine, y est arrivée dimanche pour une visite de deux jours. Elle a annoncé le déplacement des troupes militaires canadiennes vers l'ouest de l'Ukraine.