Europe de l'Est : accueillir, mais aussi protéger les personnes fuyant la guerre en Ukraine

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Par Raphaele Tavernier  avec Agences
Europe de l'Est : accueillir, mais aussi protéger les personnes fuyant la guerre en Ukraine
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Le rythme d’arrivée de personnes fuyant la guerre en Ukraine est toujours très intense, notamment pour les pays limitrophes, qui accueillent, mais doivent aussi protéger les réfugiés les plus vulnérables.

Roumanie, Hongrie, Moldavie, Bulgarie, les arrivées de réfugiés en provenance d'Ukraine augmentent de jour en jour. Selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), ils seraient plus d'un million en Pologne. À Varsovie, un centre sportif a été transformé en centre d’accueil. Les bénévoles travaillent sans relâche, mais ils ne savent plus où donner de la tête, tellement l’afflux de réfugiés ukrainiens fuyant la guerre est massif.

"Jusqu'à présent, environ 1 300 personnes sont venues ici et ont poussé la porte de ce centre. Le nombre de ceux qui restent ici est en rotation permanente. Ils arrivent et ils repartent. Nous organisons constamment les transports, donc il est impossible de donner un chiffre précis", explique Malgorzata Naporowska, coordinatrice du centre.

Nous sommes les gentils qui emmènent les réfugiés, mais il peut aussi y avoir des méchants qui, eux, sont là pour de mauvaises raisons.
Stefan Krebs
Bénévole allemand en Hongrie

À la frontière entre l’Ukraine et la Roumanie, ils affluent aussi par milliers. Les inquiétudes se multiplient sur la manière de protéger les réfugiés les plus vulnérables afin qu’ils ne deviennent pas la cible de trafics en tout genre et du trafic d’être humain notamment.

"Le risque que cela arrive est très élevé. Beaucoup de femmes sont victimes de la traite chaque année. C’est un risque non seulement pour elles, mais aussi pour les enfants. Donc, dans des moments comme celui-ci, les gens agissent. Beaucoup de Roumains se sont mobilisés et j’en suis très fière, mais le risque que certaines personnes capitalisent sur la douleur de ces familles reste très important", dit Andreea Bujor, directrice de la communication pour l'ONG World Vision Romania.

Dans une gare hongroise, après des heures de train, des réfugiés rejoignent des bénévoles qui les transporteront dans des centres d’hébergement. La police conseille aux femmes de s’assurer que la batterie de leur téléphone est pleine et de noter la plaque d’immatriculation des véhicules dans lesquels elles vont monter. Et il vaut mieux effectivement, si l’on en croit certains bénévoles.

"Nous avons été surpris qu'il n'y ait aucune vérification et qu’on ne nous demande rien. Je pense que nous sommes les gentils qui emmènent les réfugiés, mais il peut aussi y avoir des méchants qui, eux, sont là pour de mauvaises raisons", rapporte Stefan Krebs, un bénévole allemand en Hongrie.

Au total, plus de 2,5 millions de civils ont déjà fui les combats et les bombardements lancés par Moscou contre l’Ukraine le 24 février.