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The European Union Delegation in the Democratic Republic of the Congo

L’Union européenne au chevet de la biodiversité en RDC

Famille de gorilles moutanis, bébé, mère et père, dans le parc national des virunga, RDC, Afrique
Famille de gorilles moutanis, bébé, mère et père, dans le parc national des virunga, RDC, Afrique   -   Tous droits réservés  Getty Images

Cachés dans l’épaisse forêt primaire tropicale de la République démocratique du Congo, quelques dos argentés et beaucoup de petits yeux couleur de feu. Les Baraka, l’une des dernières familles de gorilles des montagnes, accueillent à l’abri des regards un heureux évènement : un petit mâle blotti dans les bras de sa mère. Une nouvelle victoire pour cette espèce en danger critique d’extinction, pour tout le parc national des Virunga et surtout pour la lutte contre le réchauffement climatique.

Car dans cette aire protégée soutenue par l’Union européenne, 350 “gorilla beringei beringei”, 500 éléphants, 2500 hippopotames ont repris leurs quartiers. Autant de preuves que la stratégie pour préserver la biodiversité déployée depuis 1988 porte ses fruits.

Avec 68% des investissements dans le domaine entre 2015 et 2029, l’Union européenne est le principal bailleur de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN). Outre les Virunga, les parcs nationaux de Salonga et Garamba, le complexe d’Upemba-Kundelengu ainsi que la réserve de biosphère de Yangambi bénéficient des 140 millions d’euros mobilisés par le Fonds européen de développement.

L’UE s’investit autant car elle voit la RDC comme un “pays solution” aux défis du réchauffement climatique. Le bassin du Congo abrite la deuxième plus vaste forêt primaire du monde après l’Amazonie. Capable de capturer 1.2 milliards de tonnes de dioxyde de carbone par an, ce puits de carbone est le premier poumon de la planète. Peut-être notre dernier rempart contre la catastrophe.

Mais en 2019, l’équivalent d’un terrain de football de forêt congolaise a disparu toutes les six secondes selon Global Forest Watch. En cause : une gourmande et parfois illégale industrie du bois, une agriculture itinérante néfaste ou encore les besoins grandissants en très polluant charbon de bois (makala).

Autant de causes sur lesquelles l’Union européenne agit main dans la main avec le gouvernement. “On est comme un pack de rugby”, affirme Jean-Marc Châtaigner, ambassadeur de l'Union européenne en République démocratique du Congo. “Tous ensemble pour pousser derrière un chef d’équipe congolais”.

En étroite coopération avec l’ICCN, l’UE finance ainsi de nombreux projets dans les “aires protégées”. Des espaces rendus inaccessibles à l’Homme, gérés pour “assurer à long terme la conservation de la nature ainsi que les services écosystémiques et les valeurs culturelles qui lui sont associés” selon la définition de l’Union internationale pour la conservation de la nature.

La moitié des financements est dédiée à la préservation de la biodiversité tandis que l’autre est consacrée au développement des communautés avoisinantes. Rien que dans les Virunga, 2 500 emplois directs, 4 200 emplois dans les PME connectées et 15 000 emplois indirects ont vu le jour.

“Cela montre qu’on peut concilier préservation de la biodiversité et développement des populations, avec l’accès à l’éducation, l’accès à la santé, à l'électricité, le développement économique” se félicite Jean-Marc Châtaigner. “On a ici quelque chose de gagnant-gagnant. Gagnant pour la population et gagnant pour l’avenir de la planète”.

Dans ce pays où moins de 10% de la population possède un accès direct à l’électricité, l’Union européenne finance un cercle vertueux. Première étape : investir dans l’énergie hydroélectrique et créant des centrales, ainsi qu’un réseau qui amène aujourd’hui le courant jusqu’à la ville de Goma.

De quoi encourager la création d’entreprises comme cette chocolaterie née d’un triste constat. Jusque-là, malgré une production importante de fèves de cacao, seules des tablettes importées étaient disponibles en RDC. Désormais, l’équipe vend à l’international son chocolat fabriqué là où le cacao pousse , avec 100% d'énergie renouvelable.

Dans le parc national de la Garamba, l’UE a financé des champs-écoles paysans, des ruchers pédagogiques et surtout deux mini-réseaux solaires qui fournissent de l’énergie renouvelable à 1000 ménages, 140 petites entreprises et 11 services publics.

L’électrification et la revitalisation du tissu économique permet notamment d’envoyer davantage d’enfants à l’école*. Et l’UE compte bien faire d’eux les premiers ambassadeurs de la biodiversité. Direction une école non loin de la réserve de biosphère de Yangambi. Sagement assis, les enfants observent un intervenant dessiner des arbres au tableau. CO2, oxygène, environnement… en quelques heures, les voilà fredonnant leur nouveau crédo. “Batela zamba, tokobatela zamba, toloni nzete, tokobatela zamba”. Protégeons nos forêts, plantons des arbres.

Avec le soutien de l’UE, le projet FORETS (Formation, Recherche, et Environnement dans la Tshopo) veut atteindre les 1,5 million d’arbres plantés dans la région. Et désormais, la première tour de flux de covariance des turbulences surplombe la canopée. L’UE participe ici à l’étude précise des arbres congolais, qui abritent déjà 8 % du carbone forestier mondial.

Ce patrimoine naturel devrait permettre à la RDC de profiter pleinement du système européen d'échange de quotas d'émission (SEQE), créé en 2005 afin d'encourager la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Concrètement, les entreprises compensent leurs rejets de CO2 en indemnisant les propriétaires fonciers qui préservent la biodiversité : ce sont les “crédits carbone”. Ces sources de revenus pourraient participer à l’autonomie financière du parc des Virunga, prévue pour 2025.

D’ici là, l’UE célèbre ses succès. En juillet 2021, l’UNESCO a retiré le gigantesque Parc national de la Salonga de la Liste du patrimoine mondial en péril, saluant l’effort des bailleurs internationaux et “la gestion du parc grandement améliorée, notamment en ce qui concerne le renforcement des mesures anti-braconnage”. Parmi les éco-gardes, plusieurs dizaines de femmes. “Les dames créent des liens d’intimité qui sont bien meilleurs que ceux des hommes”explique le directeur de l’ICCN Olivier Mushiete. “Si on s’engage dans une logique d’implication des communautés locales des aires protégées, ça me paraît essentiel d’avoir des dames avec nous.”

Pisciculture, production de makala vert ou encore agroforesterie, les femmes sont également nombreuses à bénéficier de financements du programme européen “Environnement et Agriculture Durable”. “Toute cette forêt est à moi, j’ai commencé avec des graines et voilà, aujourd’hui, c’est une forêt", explique Bébé Lumingu à Ntsio. Entre les acacias, connus pour leur capacité à absorber le CO2, elle plante des maniocs quand elle n’élève pas ses chenilles comestibles.

Encore une solution efficace pour assurer la sécurité alimentaire de demain. Si rien n’est fait, les températures devraient augmenter plus rapidement en Afrique que dans le reste du monde. Et si la dégradation des sols continue à ce rythme, la moitié des terres agricoles du continent pourrait être inutilisable d’ici 2050.

*Si le taux de scolarisation a bondi depuis l’an 2000, on estime à plus d’un quart le nombre d’enfants privés d’éducation.