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Présidentielle française : les candidats mobilisent leurs troupes à deux semaines du scrutin

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Par euronews  avec AFP
Le meeting d'Eric Zemmour à Paris (27/03/2022)
Le meeting d'Eric Zemmour à Paris (27/03/2022)   -   Tous droits réservés  Michel Euler/Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved.   -  

A deux semaines de l'élection présidentielle française, les candidats redoublent d'activité sur le terrain pour convaincre les électeurs.

Jean-Luc Mélenchon à Marseille

Ce dimanche, Jean-Luc Mélenchon est en meeting sur la plage du Prado à Marseille. Le leader de la gauche radicale, candidat pour la troisième fois à l’Élysée - sa "campagne la plus intéressante"- semble être le mieux placé pour faire gagner la gauche au premier tour.

Crédité de 14% d'intentions de vote selon les derniers sondages, il espère convaincre les partisans d'Anne Hidalgo (PS), de Yannick Jadot (Les Verts), ou de Fabien Roussel (Parti communiste) d'opter pour le vote utile, tout en récusant cette formule. "On essaie de convaincre que nous avons un bon programme, mais on ne dira pas qu'on est le vote utile parce que cela sous-entendrait que le reste, c'est des votes inutiles", a déclaré dans la semaine le candidat de la France insoumise (LFI).

CLEMENT MAHOUDEAU/AFP or licensors
Jean-Luc Mélenchon à Marseille (27/03/2022)CLEMENT MAHOUDEAU/AFP or licensors

Yannick Jadot à Paris

En perte de vitesse dans les sondages (5% d'intentions de vote), le candidat des Verts Yannick Jadot espérait, pour sa part, dynamiser sa campagne ce dimanche au Zénith de Paris.

Le député européen s'est fait remarquer récemment par un coup d'éclat en accusant TotalEnergies d'être "complice de crimes de guerre" en Ukraine par son activité en Russie. En réaction, le groupe pétrolier français a décidé d'attaquer en diffamation le candidat à la présidentielle.

Anne Hidalgo dans les médias

De son côté, Anne Hidalgo exposait sa vision pour la France ce dimanche sur les ondes de France Inter, Franceinfo et dans les colonnes du journal Le Monde.

Candidate pour la première fois à l'élection présidentielle, la socialiste n'a jamais décollé jusqu'à présent dans les sondages (2 % d'intentions de vote), si bien que dans les coulisses du PS, on semble déjà se concentrer sur l'après-présidentielle pour préparer le scrutin de 2027.

Sur la guerre en Ukraine et les sanctions contre Moscou, l'actuelle maire de Paris a demandé jeudi à Total, Leroy Merlin et à toutes les entreprises françaises de "s'engager" en imitant Renault qui, sous la pression du président ukrainien, a décidé de suspendre les activités de son usine en Russie. Elle a aussi plaidé pour un embargo sur le gaz et le pétrole russes, même s'il faut "un temps d'adaptation".

Valérie Pécresse en distanciel

Testée positive jeudi au Covid-19, Valérie Pécresse poursuivait dimanche sa campagne à "distance" en réunissant ses partisans par visioconférence.

La candidate du Parti Les Républicains (LR) peine jusqu'à présent à séduire un électorat tiraillé entre le vote Macron ou celui en faveur de l'extrême-droite (Marine Le Pen ou Eric Zemmour). Avec 10% d'intentions de vote dans les sondages, sa qualification au second tour semble se compliquer de jour en jour.

Sur la guerre en Ukraine et les sanctions contre Moscou, Valérie Pécresse a proposé jeudi sur France 2 que les réfugiés ukrainiens soient accueillis dans les villas ou yachts des oligarques russes saisis, estimant que cela "aurait du panache". La candidate LR a par ailleurs "salué la décision de Renault" de suspendre ses activités en Russie.

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Valérie Pécresse à Paris (24 mars 2022)Francois Mori/Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved

Eric Zemmour face à la Tour Eiffel

Après avoir eu le vent en poupe, Eric Zemmour, le candidat d'extrême-droite du parti "Reconquête"  est en net recul dans les sondages. Crédité d'environ 10% d'intentions de vote (en baisse de 5 points par rapport à février), il paie notamment ses déclarations pro-Poutine faites avant le début de la guerre en Ukraine. Un tropisme pro-russe exploité par ses rivaux à droite, notamment par Valérie Pécresse avec laquelle il est au coude-coude pour la quatrième place.

Pour espérer relancer sa campagne, il réunissait dimanche ses partisans au Trocadéro à Paris, face à la Tour Eiffel. Son équipe de campagne a affrété des dizaines de cars pour transporter les militants de toute la France et réaliser visuellement une "démonstration de force." Le lieu fait écho aux meetings de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012 et de François Fillon en 2017, qui avaient ensuite perdu leur bataille pour la présidentielle. 

JULIEN DE ROSA/AFP or licensors
Eric Zemmour en meeting à Paris (27/03/2022)JULIEN DE ROSA/AFP or licensors

Marine Le Pen en Guadeloupe

A deux semaines de l'élection, Marine Le Pen, en déplacement en Guadeloupe, semble toujours la mieux placée pour se retrouver au second tour, comme il y a cinq ans face à Emmanuel Macron.

Créditée de 19 % d'intentions de vote, la candidate du Rassemblement national (RN) joue la carte de la prudence et de la modération face aux positions plus radicales d'Eric Zemmour, son rival à l'extrême-droite.

Avec une ironie mêlée d'inquiétude, trois ministres d'Emmanuel Macron --Sébastien Lecornu, Julien Denormandie et Bruno Le Maire-- ont dénoncé samedi dans l'Eure la "métamorphose stupéfiante" d'une candidate RN qui "se rend sympathique" et représente selon eux "un véritable risque" pour leur candidat.

Concernant les défis internationaux actuels, Marine Le Pen a déclaré que si elle est élue présidente, elle ne sortirait pas du commandement intégré de l'Otan tant que la guerre en Ukraine n'est pas terminée, mais qu'elle le ferait ultérieurement. Au lieu d'un "renforcement" de l'Otan en Europe, elle préfèrerait "que les différents pays européens, par des accords de coopération, soient en capacité d'assumer leur propre défense".

Enfin, la candidate RN a redit son opposition aux sanctions contre la Russie qui auraient "pour conséquences de détruire l'économie française".