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Il a photographié 50 ans d'histoire des Émirats au plus près de leurs dirigeants

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Ramesh Shukla est l'un des photographes les plus emblématiques des Émirats arabes unis. Il a pris des clichés des moments-clés de l'histoire du pays en tant que photographe royal non officiel. Cet artiste de 83 ans a figé sur la pellicule, les bouleversements qu'a connus Dubaï ces cinq dernières décennies.

"C'était l'ancienne Dubaï"

Nous nous rendons avec lui sur le site de la crique de Dubaï où il a pris une photo du port il y a plusieurs décennies après une tempête.

"Je m'en souviens comme si c'était hier," confie Ramesh Shukla. "Mais aujourd'hui ça a totalement changé," fait-il remarquer.

"C'était le matin, on est vite arrivé sur place, il n'y avait rien ici, ce sont de vieux bateaux, c'est la vie d'autrefois, c'est l'ancienne Dubaï," dit-il. "Là [sur la photo] on voit mon fils qui faisait des photos avec moi à la crique," décrit-il.

Après un périple en bateau depuis l'Inde, Ramesh Shukla est arrivé sur le territoire émirati en 1965 avec 55 roupies en poche (l'équivalent de 50 centimes d'euros), son appareil photo Rolliecord que son père lui avait donné et des rêves plein la tête. Sa femme et son fils Neel l'ont rejoint sur place par la suite.

Nous invitons son fils à se rendre avec nous dans la Crique. "C'était mon terrain de jeu : c'est ici que j'ai grandi, la crique, c'était ma vie," affirme Neel Shukla. "Mon père se levait très tôt, il m'emmenait tout le temps avec lui et on allait explorer cet endroit," ajoute-t-il.

Ramesh Shukla
La photo prise par Ramesh Shukla dans la crique après une tempêteRamesh Shukla

Témoin de la création des Émirats

Le travail de Ramesh Shukla est aujourd'hui exposé un peu partout dans Dubaï sur les murs des stations de métro ou encore au Etihad Museum. Ces photos les plus célèbres sont celles prises lors de la signature du traité de création des Émirats arabes unis le 2 décembre 1971.

"Cheikh Zayed était à la table en train de signer à moins d'un mètre, je l'ai vu faire et j'ai pris mon appareil," raconte-t-il avant de lancer : "J'étais tellement heureux !"

"Ensuite, à l'extérieur, j'ai pris en photo tous les cheikhs, je tenais mon appareil et mes mains tremblaient," raconte-t-il avec émotion. "Après les discours, il s'est tourné vers moi et il m'a souri !" se souvient-il.

Ramesh Shukla
Signature du traité de création des Émirats arabes unis (1971)Ramesh Shukla

"Une maison d'une pièce qui servait de chambre, de cuisine et de chambre noire"

La femme de Ramesh, Taru, était technicienne de formation : elle développait elle-même les photos de son mari dans le laboratoire de fortune qu'ils avaient aménagé chez eux.

"Notre maison, c'était une pièce qui servait de chambre, de cuisine et de chambre noire," explique Neel Shukla. "On avait deux séries d'assiettes en métal qui s'appellent "thali" en indien : il y en avait qui servaient pour développer les négatifs et d'autres qu'on utilisait pour manger," explique-t-il avant d'ajouter souriant : "À chaque fois, on devait sentir le thali avant de l'utiliser ; s'il sentait les produits chimiques, il ne fallait pas le prendre pour le repas."

Ramesh Shukla n'a jamais vendu ses photographies royales pour en tirer profit car à travers elles, il voulait préserver la mémoire des Émirats. Il s'y emploie encore, son appareil toujours en main.

Ramesh Shukla
La maison de Ramesh Shukla à Dubaï dans les années 60/70Ramesh Shukla