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La deuxième vie des déchets, l'adrénaline des start-up et le miracle de Noël

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L'économie linéaire en place depuis la révolution industrielle a besoin d'évoluer radicalement si nous voulons privilégier le développement durable : la production, l'utilisation et la mise au rebut des produits doivent progressivement laisser la place à la récupération et au recyclage.

La construction est l'un des principaux secteurs générateurs de déchets : dans l'Union européenne, on en produit 385,5 millions de tonnes par an. Une coopérative belge apporte une solution inspirée de l'économie circulaire : elle les récupère pour les transformer en produits design.

Recyclage des matériaux de construction, "un nouveau modèle pour l'avenir"

"Chaque année, à Bruxelles, on génère des centaines de milliers de tonnes de déchets de matériaux ; dans le même temps, on utilise une même quantité de nouveaux matériaux," fait remarquer Maarten Gielen, cofondateur de l'entreprise belge Rotor Deconstruction. "Nous voulons créer un lien entre ces déchets et ces nouveaux matériaux en voyant comment créer un circuit plus court," explique-t-il.

Son collègue cofondateur de l'entreprise Lionel Devlieger renchérit : "On passe beaucoup de temps à aller dans les entreprises, la plupart en Belgique, pour voir ce qu'elles mettent dans leurs containers de déchets et déterminer si une partie de ces déchets réguliers qui souvent, est issue de la phase de production, donc très propre et qui peut être intéressante pour les designers pourrait être utilisée comme matière première pour d'autres produits."

Maarten Gielen poursuit : "Il est clair que la récupération et la réutilisation des éléments de construction est tendance en ce moment. On constate du côté des grandes entreprises qu'il y a des gens qui n'auraient jamais pensé à la récupération de matériaux qui s'y intéressent aujourd'hui et qui sont ouverts à cette idée," indique-t-il.

Quant au Stephan Kampelmann, du Centre de recherche en Construction, Architecture de l'Université Libre de Bruxelles (ULB), il replace les choses dans leur contexte : "Je crois qu'à l'avenir, il ne faudra plus considérer la production de déchets comme acquise. Peut-être qu'on ne pourra plus en générer autant à cause de contraintes au niveau géopolitique, au niveau des ressources et au niveau politique," estime-t-il. "Donc Rotor Deconstruction est une entreprise dont la vision va au-delà de la situation actuelle où ces initiatives de revalorisation restent très marginales, ce sont des activités de niche," dit-il. "Mais je pense qu'à l'avenir, elles représenteront un nouveau modèle dans lequel on ne prendra plus pour acquis que l'on peut faire ce que l'on veut avec l'environnement," assure-t-il.

Le modèle qui repose sur la surconsommation de matières premières et sur de faibles coûts pourrait ainsi évoluer vers la valorisation du travail qualifié et la recherche d'alternatives à l'exploitation des ressources naturelles.

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L'entreprise belge Rotor Deconstructioneuronews

Présenter sa start-up avant de sauter en parachute

Un événement organisé récemment à Dubaï a fait prendre de la hauteur aux présentations commerciales. Les entrepreneurs avaient une minute pour faire l'argumentaire de leur start-up devant des investisseurs réputés, ils ont dû le faire à bord d'un avion avant de faire un saut en parachute au-dessus de la ville.

De jeunes entrepreneurs présentent leurs arguments à des investisseurs réputés via le réseau social TikTok, à bord d'un avion. Dubaï a accueilli il y a quelques semaines, un concours inédit appelé Pitch Up In the Sky. Une initiative lancée par The Gritti Fund et TikToK qui est devenue l'événement dédié aux "pitchs" de start-up le plus suivi de l'histoire. Il a été visionné plus de 2,2 millions de fois dans plus de 89 pays.

"Nos trois candidats vont faire leur présentation à bord d'un avion," indique l'un des membres du jury, le fondateur de The Gritti Fund, Marcel Muenster. "L'un d'entre eux sera désigné comme gagnant, puis on va sauter en parachute," dit-il.

"On est la première génération touchée par le changement climatique et la dernière capable de faire quelque chose," assure l'un des finalistes lors de sa présentation à bord de l'avion.

Finalement, le gagnant sera le créateur de uMore, un traqueur de bien-être psychologique utilisant l'intelligence artificielle. "Avec uMore," a expliqué en vol le fondateur de uMore, Alejandro Serrano, "on veut apprendre du passé et construire un avenir dans lequel on démocratise la gestion du stress et du bien-être."

"Cet événement est en rapport avec le fait de surmonter sa peur, il incite à aller au-delà de sa peur," précise Marcel Muenster. "Nos créateurs d'entreprise finalistes viennent de tout le Moyen-Orient et de toute l'Afrique : donc c'était la région sur laquelle on voulait se concentrer en termes d'investissement et le choix de Dubaï s'est imposé car sur place, on veut repousser les limites," estime-t-il.

Parmi le jury d'investisseurs, l'inventeur de Google Maps : Lars Rasmussen, le cofondateur de Netflix Mitch Lowe et la première personne à avoir investi dans Zoom, Bill Tai. Nous avons demandé à ce dernier ce qu'il recherche dans une jeune start-up.

"C'est un marché très vaste qui est en plein bouleversement et qui doit correspondre à l'air du temps," décrit-il avant d'ajouter : "Deuxièmement, il faut voir si l'entrepreneur a une bonne intégrité et s'il est capable d'exploiter chaque opportunité et troisièmement, il faut regarder si la capitalisation est adéquate, si le business model ne nécessite pas un énorme capital de départ car pour les capitaux-risqueurs, les meilleures entreprises de technologie sont celles qui ont des marges élevées parce qu'elles proposent des produits qui seront largement utilisés," indique-t-il.

"Ce qu'il y a de très intéressant aux Emirats arabes unis et à Dubaï, c'est le cadre réglementaire, c'est beaucoup plus simple de faire des affaires dans cet environnement," estime Bill Tai.

"C'est le moment de créer son entreprise parce que d'un côté, il y en a beaucoup qui mettent la clé sous la porte et de l'autre, il faut en construire de nouvelles," lance Marcel Muenster.

Autant d'opportunités pour les populations du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord dont l'âge moyen est inférieur à trente ans et dont la main d'œuvre est de plus en plus qualifiée.

Pitch Up In the Sky
Présentation de start-up dans les airs lors de Pitch Up In The SkyPitch Up In the Sky

Les jeux de société relanceront-ils les ventes de jouets à Noël ?

Les professionnels du jouet espèrent un Noël généreux malgré la pandémie de coronavirus. C'est aussi le cas du magasin Hamleys à Londres fondé il y a 260 ans. Les acteurs de ce secteur disent que malgré des ventes en baisse cette année, l'engouement pour les achats en ligne et l'essor des boutiques éphémères ont permis de traverser la crise.

Du côté des magasins de jouets, certains estiment que les mesures de confinement peuvent inciter les consommateurs à se tourner vers les jeux intergénérationnels.

C'est le cas de Victoria Kay, directrice des achats chez Hamleys : "On met l'accent cette année, sur ce type de produits. Ce sont des classiques qui permettent de réunir toute la famille et je crois que tout le monde passe beaucoup de temps à la maison et on veut tous être dans une ambiance cosy, familiale," affirme-t-elle.

"De manière générale, les ventes ont chuté dans nos magasins, donc je crois qu'il serait naïf de penser qu'on aura un Noël similaire à l'an dernier, mais on enregistre un succès phénoménal en ligne et on multiplie les ouvertures de boutiques éphémères, donc je pense que l'année sera très bonne malgré ce contexte différent," déclare-t-elle.

Ces dernières années, les jouets dérivés de films représentaient une manne importante à Noël, mais il semble que pour ces fêtes, les jeux vidéo seront les produits stars. Reste que les jeux classiques assurent une bonne partie des ventes même s'ils ne comportent pas de technologie.

"On a eu un succès phénoménal avec les Lego, un immense succès avec les Barbie et puis les jeux de société continuent de marcher fort : ils sont présents depuis des années et des années et ils seront toujours de grands classiques, chaque année, il y en aura une nouvelle version," fait remarquer Victoria Kay. "Je crois qu'encore plus cette année, on sera tous encouragé à nous réunir autour d'une table et à jouer ensemble," estime-t-elle.

Dans les rues commerçantes de Londres, la crainte d'un confinement pour les fêtes est bien présente. Certains sont déjà prêts à s'adapter. "__On partage le même appartement et on a décidé de ne pas faire de cadeaux de Noël cette année," indique une jeune femme à côté de son amie. "Moi, je vais les limiter à mes parents et à mon frère, c'est tout," dit-elle. "On ne fera rien d'exceptionnel," ajoute sa voisine.

Et même si les mesures de confinement pourraient peser sur le moral des uns, les autres ressentiront peut-être les bienfaits de se plonger dans l'ambiance de Noël en famille.

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Quelles ventes de Noël chez Hamley's à Londres ?euronews