Le prix du Brent reste à un sommet de cinq mois, l'incertitude sur un retour à la normale des approvisionnements énergétiques en pleine guerre avec l'Iran maintenant le pétrole sous pression.
Les cours du pétrole restaient, ce mardi 20 octobre, proches de leur plus haut niveau depuis cinq mois. Les marchés s'inquiètent d'éventuelles nouvelles attaques iraniennes dans le détroit d'Ormuz, qui pourraient perturber l'approvisionnement mondial, même si les exportations de pétrole depuis le golfe Persique se maintiennent pour l'instant à un niveau relativement élevé.
Les contrats à terme sur le Brent, la référence internationale, s'échangeaient autour de 110 dollars le baril avant l'ouverture des marchés européens, tandis que le WTI, référence américaine, dépassait 104 dollars le baril pour une livraison le mois prochain.
Selon les stratégistes matières premières d'ING, ces prix élevés malgré des flux importants "suggèrent que le marché intègre une prime de risque significative, compte tenu de la volatilité de la situation". Rien n'indique pour l'instant que cette prime de risque soit sur le point de s'éroder.
Les mêmes stratégistes soulignent que des taux de fret record pour les pétroliers renchérissent encore les coûts. Les États-Unis envisagent d'autoriser la vente de pétroliers sous sanctions, ce qui permettrait leur retour sur le marché légal, d'augmenter les capacités de transport et de réduire les coûts de livraison du pétrole. Ils relèvent toutefois que la capacité supplémentaire ainsi créée reste difficile à chiffrer, tout comme la rapidité avec laquelle elle pourrait alléger la pression sur les prix.
Le secrétaire américain à l'Énergie Chris Wright a indiqué à Fox News que les flux de brut en provenance du Golfe sont revenus à environ 80 % de leur niveau d'avant-guerre. En revanche, l'offre de produits raffinés se heurte à des contraintes plus fortes.
Parallèlement, les prix au comptant du gaz naturel liquéfié (GNL) en Asie ont grimpé à 30,4 dollars par million d'unités thermiques britanniques lundi, leur plus haut niveau depuis décembre 2022, rapporte Bloomberg en citant des traders. Cela intervient alors que l'UK Maritime Trade Operations signale qu'un méthanier GNL a essuyé des tirs en provenance d'une petite embarcation au large du Yémen samedi, alimentant les inquiétudes sur la sécurité des cargaisons d'énergie dans la région.
Les prix du gaz en Europe évoluaient, eux aussi, près de leurs plus hauts niveaux depuis des années. Les contrats à terme néerlandais TTF sur le gaz naturel pour livraison le mois prochain se traitaient juste en dessous de 88 € par mégawattheure mardi matin, en léger repli après avoir dépassé 89 € juste avant 6 h, selon les données d'Intercontinental Exchange (ICE).
Les marchés boursiers dans le rouge
Les Bourses européennes ont ouvert en légère baisse mardi, après avoir subi des pressions lundi, lorsque les actions et obligations françaises ont mené le mouvement de repli. Les manifestations en France ont pesé sur le sentiment de marché, mettant en lumière la situation financière jugée intenable de la deuxième économie de l'Europe.
À Londres, le FTSE 100 a perdu 0,2 % à l'ouverture, tout comme le CAC 40 à Paris, tandis que le DAX à Francfort reculait de plus de 0,4 %.
Au Royaume-Uni, le sentiment des investisseurs a été légèrement soutenu par des informations selon lesquelles le chancelier de l'Échiquier John Healey ne relèvera pas l'impôt sur les plus-values dans le budget présenté la semaine prochaine. Le taux est actuellement de 18 % pour les contribuables au taux de base et de 24 % pour ceux au taux supérieur, contre des taux d'impôt sur le revenu allant de 20 % à 45 %.
En outre, le marché du travail britannique s'est montré plus résistant que prévu. Le taux de chômage est tombé à 4,7 % sur les trois mois achevés en août, contre 4,9 %. Le nombre de salariés déclarés au Royaume-Uni a augmenté de 13 000, sa plus forte hausse depuis un an. Ces chiffres plus solides pourraient offrir à la Banque d'Angleterre davantage de marge pour maintenir son taux directeur inchangé dans sa lutte contre l'inflation.
En Asie, les valeurs technologiques ont mené de lourdes pertes, les investisseurs faisant peu de cas du rebond de Wall Street sur fond de craintes grandissantes concernant le boom des investissements dans l'intelligence artificielle (IA) à l'approche de publications de résultats clés.
Le Nikkei 225 à Tokyo a reculé de 1,3 %, Kioxia cédant près de 2 % et le groupe d'investissement technologique SoftBank plongeant de plus de 5 %. L'indice composite de Shanghai s'est repris pour finir en hausse de 0,1 %. À Hong Kong, l'indice de référence a perdu 1,1 %, tandis que le Kospi sud-coréen abandonnait plus de 3,7 % à l'ouverture des marchés européens.
La société sud-coréenne d'infrastructures pour l'IA Elice a chuté jusqu'à 33 % pour ses débuts sur le Kosdaq, sur fond d'inquiétudes liées aux coûts d'emprunt, à la concurrence et aux rendements à long terme des investissements dans l'IA.
Le taïwanais TSMC était également dans le rouge, même si le Taiex du pays gagnait légèrement du terrain. Des pertes ont aussi été enregistrées à Sydney, Singapour, Wellington et Manille.
Ces ventes sont intervenues malgré une séance positive à Wall Street, où le Nasdaq a été nettement soutenu par les hausses d'Amazon, Microsoft et Nvidia. Les investisseurs se concentrent désormais sur les résultats d'entreprises, SpaceX, Meta et Tesla devant publier cette semaine.
Depuis que les marchés ont atteint des records en juin, les investisseurs s'interrogent de plus en plus sur la justification des valorisations élevées des valeurs technologiques, et sur le moment où, le cas échéant, leurs dépenses massives dans l'IA finiront par porter leurs fruits.
La remontée des taux d'intérêt suscite aussi des inquiétudes pour les entreprises très endettées, la hausse du coût du crédit pesant sur leurs finances.
Sur le marché obligataire, les rendements des emprunts d'État à 10 ans américain, allemand et français ont légèrement reculé, le taux américain se situant autour de 5,123 %, celui de la France à 4,903 % et celui de l'Allemagne à environ 3,439 % juste après l'ouverture européenne.
Sur le marché des changes, le dollar américain a légèrement reculé à 158,45 yens, contre 158,46 yens. L'euro se traitait à 1,1225 dollar, quasiment inchangé par rapport à 1,1227 dollar.
Le prix de l'or était légèrement en baisse à l'ouverture des Bourses européennes, autour de 4 152,80 dollars l'once.